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Sister Helen Prejean à l’opéra

Elle a rencontré hier l’équipe de l’Opéra de Montréal

Agnes Gaudet

Agnes Gaudet @

Journal de Montréal, Publié le: | Mise à jour:

Sister Helen Prejean

Photo Agence QMI, Pascale Lévesque

Sœur Helen Prejean se bat contre la peine de mort, notamment avec l’œuvre Dead man walking.

La célèbre sœur Helen Prejean assistait hier, à Montréal, à la répétition de Dead man walking, l’opéra tiré de sa propre histoire, qui sera bientôt présenté par l’Opéra de Montréal à la Place des arts. La religieuse américaine, qui se bat depuis des années contre la peine de mort aux États-Unis et fait campagne partout dans le monde pour l’enrayer, s’est confiée aux médias.

Sister Helen a raconté comment elle en était venue à rendre visite à un prisonnier que personne ne visitait, sans savoir, au départ, qu’il était condamné à mort.

«Ç’a été une surprise totale pour moi, a-t-elle confié. J’ai réalisé que je ne connaissais rien de la loi. Je croyais que le meilleur système de justice était aux États-Unis. J’ai été surprise de voir à quel point le visage de cet homme était humain, a-t-elle notamment ajouté. Puis j’ai pris connaissance de son crime. Cet homme que je visitais avait tué deux jeunes adolescents.»

Sister Helen a continué d’aller rendre visiter à ce condamné à mort. Elle a tenté en vain d’aller en appel et elle est restée auprès de lui jusqu’à son exécution.

«Au moment de l’exécution, dit-elle, tout ce que tu entends, c’est le son des machines. Les machines prennent la relève et justice est rendue.»

Drame et musique

Après cette triste expérience, Sister Helen a voulu sensibiliser les gens en racontant son histoire. C’est ainsi qu’elle a écrit un livre basé sur son expérience de vie. Le film tiré du livre a suivi et a valu à Susan Sarandon, qui campait le rôle de Sister Helen, l’Oscar de la meilleure actrice, en 1996. Le livre s’est dès lors maintenu sur la liste des best sellers durant 31 semaines.

«Grâce au film, au livre, (et maintenant à l’opéra) j’ai pu faire entendre ma voix, réveiller les gens, a précisé Sister Helen. Les gens dorment. Ils ne songent pas à la peine de mort.»

Il y a aux États-Unis encore 33 États où la peine de mort est légale, mais dans les faits, une dizaine de moins. Sister Helen s’évertue à faire changer les choses.

Avec cet opéra, elle sait que son histoire touchera les gens. Les médias et sœur Helen Prejean ont eu droit à un extrait de l’opéra hier, une solide interprétation des principaux solistes, la mezzo Allyson McHardy et le baryton Étienne Dupuis.

Le metteur en scène de l’opéra, Alain Gauthier, a aussi rappelé l’intelligence rare de cette œuvre contemporaine qui commence par le meurtre et met aussitôt le spectateur face aux horribles preuves. Dead man walking se traduit par une série de petites scènes et sa musique est près du jazz et du musical américain.


• Dead man walking de Jake Heggie, mettant en vedette une distribution toute canadienne, sera présentée à la Salle Wilfrid-Pelletier les 9, 12, 14 et 16 mars.

 

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