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procès | Sadomasochisme

Des gestes « abominables »

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Un pompier a été reconnu coupable hier d’homicide involontaire et de négligence criminelle ayant causé la mort pour son insouciance lors de ses jeux sadomasochistes où sa partenaire sexuelle a été tuée en 2008.

Dans le jugement qu’il a rendu hier, le juge Claude Provost a qualifié les gestes de Patrick Deschatelets d’«abominables, cruels et inhumains». Le procès hors du commun de l’accusé de 46 ans s’est tenu en octobre dernier au palais de justice de Longueuil.

La victime, dont l'identité est protégée par une ordonnance de non-publication, est décédée au cours d'un marathon sexuel prévu entre elle et l’accusé, en février 2008. Leurs jeux faisaient partie d'un «rituel» de 48 h, où la victime devait se soumettre à Deschatelets afin de «se mériter» un petit collier en acier inoxydable.

La femme est morte asphyxiée par un large collier métallique que Deschatelets lui a mis au cou, alors qu'elle était attachée à une chaîne au sous-sol de la maison de l’accusé, à St-Bruno-de-Montarville.

Patrick Deschatelets l’avait alors laissée seule dans cette position, le temps d'aller acheter des pâtes à l'épicerie. À son retour, la femme était inconsciente, suspendue au bout de la chaîne. Elle est morte quelques heures plus tard à l'hôpital.

État de faiblesse

À ce moment, la femme avait été laissée «dans un état de faiblesse», a noté le juge. Durant les 24 heures précédentes, elle avait à peine bu et mangé, n’ayant notamment ingurgité qu’un peu de purée pour bébé, une tranche de pain et de l’eau mélangée à de l’urine.

Selon le juge Provost, Deschatelets a fait preuve d’une «insouciance déréglée et téméraire à l’égard de la vie» de sa victime en la laissant sans surveillance, «alors qu’elle était affaiblie, vulnérable et impuissante».

Après son arrestation, Patrick Deschatelets a répété à plusieurs reprises aux policiers que sa partenaire, qu'il fréquentait depuis quelques mois à peine, était «100% consentante». Un argument que le juge n’a pas retenu.

«Le consentement n’est pas une défense lorsque l’application de la force entraîne la mort», a lancé le juge Provost.

Ce dernier s’est d’ailleurs fait incisif en comparant le gros collier qui a causé l’asphyxie de la victime à «un instrument de torture du Moyen-Âge».

«Si la victime n’avait pas eu le cou emprisonné par l’anneau que l’accusé lui a installé autour du cou, elle serait encore vivante aujourd’hui», a lancé le juge, en jetant un regard sévère à l’accusé.

Patrick Deschatelets semblait sonné par le verdict. Il a été escorté par des constables spéciaux jusqu’à la sortie du palais de justice de Longueuil.

  • Le juge Claude Provost entendra les représentations sur sentence des avocats le 17 avril.
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