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Des gens extraordinaires

Un amour de brigadière

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Un simple sourire peut changer la face du monde. La brigadière Francine Paquin en est la preuve vivante.

Depuis neuf ans, la sympathique dame de 58 ans ne se contente pas d’assurer la sécurité des quelque 1 000 élèves du collège international Marie de France qui traversent chaque jour l’intersection des rues Queen Mary et Roslyn à Montréal.

Elle distribue allègrement sa bonne humeur, offre chaleureusement ses bras aux âmes en peine, écoute d’une oreille attentive les petites misères de tout un chacun et vole au secours de tous ceux qu’elle peut aider d’une façon ou d’une autre.

Les parents qui la côtoient matin et soir sont unanimes : «Francine n’est pas une brigadière ordinaire, disent-ils. C’est une maman brigadière. Une femme d’une générosité exceptionnelle. Elle a toujours un petit mot gentil pour chaque enfant.»

Mon trésor, ma belle fille, mes petits cœurs, mon homme, Francine a plus d’un surnom affectueux pour désigner les 1 840 enfants et adolescents qu’elle croise chaque jour. «Je connais presque tous leurs noms», assure-t-elle en précisant qu’elle les considère tous, parents compris, comme les membres de sa famille.

Des cadeaux pour tout le monde

Les enfants confirment : «Elle est vraiment gentille, affirment en cœur un groupe d’enfants rencontrés sur la rue. Elle nous donne des bijoux, des bagues et des sourires tous les jours.»

«Que voulez-vous, j’aime donner. Si je peux aider en plus, ça fait ma journée. Ça me remplit d’énergie», admet Francine.

À la Saint-Valentin, elle leur distribue des cœurs (pas de chocolat à cause des allergies). À l’Halloween, ce sont des bonbons. À l’automne, elle va elle-même cueillir des pommes pour ses protégés. Chaque fois, elle s’assure d’avoir quelque chose à donner aux 800 jeunes qui traversent à son intersection.

Générosité récompensée

Sa générosité sans limites est largement récompensée. À Noël, elle a reçu 45 cadeaux, dont une montre, des chocolats, des bibelots et même une bouteille de vin, mais ce qu’elle apprécie par-dessus tout, c’est l’amour qu’elle reçoit en retour sous forme de câlins et de bonjours enjoués.

«J’adore les contacts humains», confie la maman de Rosemont. Après avoir passé 33 ans à la maison pour s’occuper de ses deux enfants, aujourd’hui âgés de 30 et 36 ans, elle a ressenti le besoin de sortir de chez elle pour se désennuyer et se sentir utile à nouveau.

«Ça ne prend pas grand-chose pour faire une différence dans la vie des gens, rappelle-t-elle. Juste leur parler sur la rue, leur demander comment ça va avec un beau sourire, ça fait du bien.»

L’écoute, ce temps «perdu» à se préoccuper du bien-être de chaque humain, peut même changer le cours d’une vie, croit-elle. Elle se souvient avoir abordé une étudiante qui semblait dépressive. En lui parlant, elle a compris qu’elle était suicidaire. Elle en a parlé au personnel de l’école et des démarches ont été entreprises pour venir en aide à la jeune fille.

«J’adore mon travail, j’ai de beaux enfants, un petit amour de 17 mois et un mari qui m’aime depuis 40 ans. Je ne pourrais pas être plus heureuse», conclut-elle.

Une invitée très en demande

Francine participe à tous les bals de finissants des élèves du collège international Marie de France. Récemment, elle a été invitée à participer à un vin fromage pour inaugurer les nouveaux locaux du collège. Une maman qui vit dans l’immeuble situé en face de l’école l’a même invitée au shower de son bébé à naître pour la remercier de toute l’aide qu’elle lui a apportée.

La bonté en héritage

Francine Paquin a reçu la bonté de ses parents en héritage. Elle a grandi à Outremont. Son père était concierge et sa mère s’occupait de la maisonnée. «Maman aidait toujours tout le monde, explique-t-elle. Je me souviendrai toujours du jour où elle a acheté une robe de première communion à une jeune fille du quartier parce que ses parents n’avaient pas d’argent pour lui en payer une.»

Sa phrase fétiche : La vie est trop courte pour se priver du bonheur d’aider les autres.


Vous connaissez ou côtoyez des gens ordinaires, mais qui sont extraordinaires dans la vie de tous les jours ? Écrivez-moi à l’adresse suivante : renee.laurin@quebecormedia.com

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