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« Absurdité », dit une psychologue

Bertrand
Photo Archives / Agence QMI Bertrand St-Arnaud

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Pour Françoise Susset, psychologue spécialisée dans les questions transgenres, il y a un certain degré d’absurdité dans cette situation. «L’État exige des opérations qui ne sont pas nécessaires sur le plan médical pour modifier le genre de quel­qu’un.»

Une opération chirurgicale peut sauver la vie de personnes transsexuelles qui ne peuvent pas exprimer leur identité autrement, explique-t-elle.

Mais «chaque parcours est unique. L’État ne peut pas exiger cette opération», insiste Mme Susset, ajoutant que sur le plan des droits de l’homme, «ça laisse à désirer».

Ces opérations chirurgicales ne sont pas sans risque et certaines personnes ne peuvent pas y recourir pour des raisons médicales, poursuit-elle.

L’avocat des immigrants LGBT Me Noël St-Pierre considère lui aussi qu’il s’agit d’opérations chirurgicales «très envahissantes». «C’est une situation qui aurait dû changer depuis longtemps», dit-il.

Dans le cadre de son travail, Mme Susset signe des lettres d’appui pour des opérations à des gens qui veulent avant tout changer d’identité.

«Il y a beaucoup de gens qui se soumettent à cette chirurgie avec pour seule intention de pouvoir vivre enfin leur vie. C’est très problématique.»

Une priorité du gouvernement

Le ministre de la Justice, Bertrand St-Arnaud, et son attaché politique ont assuré au Comité trans du Conseil québécois des gais et lesbiennes (CQGL) que c’était parmi leurs priorités de régler cette question.

«On a décidé de donner la chance au politique avant d’aller devant les tribunaux», explique Julie-Maude Beauchesne, directrice des communications du CQGL.

Lors de la discussion du projet de loi 70, en juin 2012, la Commission des droits de la personne du Québec avait elle aussi recommandé que les gens qui demandent un changement de sexe n’aient pas à subir d’opération chirurgicale ni à fournir de multiples preuves.

En Ontario, il est possible, depuis octobre 2012, de changer d’identité légale avec un mot du médecin. Huit États américains le permettent aussi, tout comme l’Angleterre, les Pays-Bas, l’Espagne et l’Argentine.

 

 

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