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Montréal | Élections municipales

La facture explose

Le coût des élections municipales de 2013 pourrait augmenter de 25%

La facture explose
Photo d'archives À quelques jours des perquisitions menées par l’Unité permanente anticorruption, notamment à l’hôtel de ville de Montréal, le comité exécutif a augmenté le budget alloué aux prochaines élections municipales.

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Alors qu’ils en découvrent toujours davantage sur la corruption qui leur a fait payer leurs travaux publics bien trop cher, les Montréalais voient une autre facture salée se profiler à l’horizon : le coût des élections pourrait augmenter de 25 % à l’automne prochain.

Ce sont 11,97 M$ qui avaient été budgétés en 2009 pour élire l’équipe de l’ex-maire Gérald Tremblay à la tête de la ville. Lui désigner un successeur quatre ans plus tard nécessitera 15 M$.

Le comité exécutif de coalition de la Ville de Montréal a approuvé cette somme tirée à même les coffres de la Ville dans les dernières semaines.

Attirer les citoyens aux urnes

La hausse s’explique notamment par la mise en place d’une série de mesures ­visant à convaincre les électeurs de ­participer au scrutin le temps venu.

«Il faut en faire plus parce que le ­pourcentage de gens qui sont allés voter aux dernières élections, ce n’est pas très bon», souligne Patricia Lowe, des affaires publiques de la Ville de Montréal.

De telles mesures sont nécessaires pour convaincre les citoyens de se prévaloir de leur droit de vote, renchérit son collègue Pierre G. Laporte, du bureau du président des élections de Montréal.

Il explique qu’en conséquence, une bonne partie des montants ajoutés au ­budget électoral permettra d’étirer les heures d’ouverture des bureaux de vote, tant le jour des élections que lors du vote par anticipation. «C’est l’innovation», fait valoir M. Laporte.

De plus, dans les jours précédant le vote, des équipes sillonneront les quartiers afin de faire voter les électeurs incapables de se déplacer.

Les Montréalais pourront de plus voter directement au bureau du président ­d’élection pendant cinq jours, ce qui leur était impossible auparavant.

Sans oublier les montants destinés à publiciser le scrutin, qui ont triplé, atteignant 500 000 $. Avec pas moins de 103 personnes à élire à différents niveaux politiques, la ­complexité du vote à Montréal joue aussi sur les coûts de l’élection.

Des résultats et vite !

Cette complexité a également pour conséquence que «la compilation et les diffusions des résultats en 2009, sans connaître de raté, avaient été plutôt lentes», précise M. Laporte. De l’argent a été investi cette année afin de rendre le système plus efficace.

Enfin, l’inflation a un impact certain sur les prix de location des locaux pour ­tenir l’élection et le salaire des 14 000 personnes qui travaillent ce jour-là. Cela ­explique en partie la hausse du budget, ajoute M. Laporte.

Par ailleurs, deux autres millions sont prévus en plus des 15 M$ pour rembourser les dépenses électorales des élus pendant la campagne.

Bonne ou mauvaise idée ?

Certains croient que c’est le temps ou jamais de dépenser ainsi pour vaincre le cynisme ambiant et convaincre les ­électeurs que le vote vaut la peine.

D’autres doutent toutefois de l’à-propos d’une telle initiative alors qu’on en ­apprend plus jour après jour à la ­commission Charbonneau sur le système tentaculaire de corruption impliquant des élus qui a sévi dans la métropole.


► En 2009, 39,44 % des électeurs de ­Montréal s’étaient déplacés aux urnes. Le comité exécutif avait alors prévu une somme de 11,97 M$ pour l’exercice.


► En 2009, près de 5 % de ces dépenses avaient été faites afin de rémunérer le ­personnel, 22 % pour les services techniques et 20 % pour le transport et les communications, selon Élection Montréal.

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