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Cyanure

Mon père ce bandit

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Roy Dupuis a joué plusieurs types de criminels au grand écran. Parmi eux, citons un braqueur de banque dans Monica la mitraille (2004), un complice dans Mesrine – L’instinct de mort (2008) ou encore un voleur de bas étage dans Les Doigts croches (2009). L’acteur québécois répète l’expérience dans Cyanure, une tragicomédie signée Séverine Cornamusaz. Mais, cette fois-ci, une nouvelle variable vient s’ajouter à l’équation. «Souvent les bandits sont libres. C’est l’image qu’on véhicule au cinéma. Ils peuvent partir quand ils veulent. Du jour au lendemain. Mais pas Joe. Pour lui, c’est autre chose. Il a une famille», explique le comédien en entrevue.

Roy Dupuis a joué plusieurs types de criminels au grand écran. Parmi eux, citons un braqueur de banque dans Monica la mitraille (2004), un complice dans Mesrine – L’instinct de mort (2008) ou encore un voleur de bas étage dans Les Doigts croches (2009). L’acteur québécois répète l’expérience dans Cyanure, une tragicomédie signée Séverine Cornamusaz. Mais, cette fois-ci, une nouvelle variable vient s’ajouter à l’équation. «Souvent les bandits sont libres. C’est l’image qu’on véhicule au cinéma. Ils peuvent partir quand ils veulent. Du jour au lendemain. Mais pas Joe. Pour lui, c’est autre chose. Il a une famille», explique le comédien en entrevue.

Coproduction Canada-Suisse, Cyanure dépeint la rencontre entre Achille (Alexandre Etzlinger) et son père Joe (Roy Dupuis), qui retrouve sa liberté après avoir croupi en prison pendant une quinzaine d’années. Plusieurs ­éléments viendront compliquer les ­retrouvailles entre les deux hommes, à commencer par l’attitude de l’ex-détenu, qui refuse dans un premier temps d’avouer sa paternité.

«Son fils, il s’en crisse au début du film, dit Roy Dupuis. Pour Achille, c’est une désillusion. En quelques heures, son père passe du mythe à l’homme bête qui a ­juste envie de fourrer sa femme.»

Cyanure explore les conséquences d’une incarcération prolongée sur la ­famille du bandit. La caméra de Séverine Cornamusaz s’attarde notamment sur ­Pénélope (Sabien Timoteo), la mère d’Achille, qui tente en vain de refaire sa vie avec un autre homme.

«Ce sont des situations très difficiles à vivre... Pour toutes les personnes ­impliquées», souligne Roy Dupuis.

Entre la comédie et le drame

Cyanure mélange les genres. On y trouve plusieurs éléments dramatiques, mais ­aussi quelques scènes comiques, histoire d’alléger l’ensemble. «Pour moi, c’est du ­cinéma d’auteur divertissant... à cause des outils que Séverine a utilisés pour éviter de tomber dans la tragédie pure. Elle réussit à raconter cette histoire de façon ­poétique. À travers les yeux d’un enfant. On échappe au surplus de lourdeur.»

Séverine Cornamusaz mise beaucoup sur les problèmes d’adaptation de Joe pour provoquer les rires. On pense ­notamment à son incapacité d’utiliser les nouveaux téléphones cellulaires.

«Le père est complètement inadapté, dit Roy Dupuis. Il a l’air tellement solide... Se trouver aussi démuni devant un ­téléphone cellulaire, ça peut être drôle.»

Blague à part, Cyanure dénonce une cruelle réalité, remarque Dupuis.

«C’est un film qui met en lumière un ­problème important du système carcéral. Ces gars-là sont complètement déphasés quand ils sortent de prison. Ils sont en ­retard sur tout. Quand ça fait trop ­longtemps que t’es en prison, c’est souvent plus compliqué quand t’es à l’extérieur.»

« Précision nord-américaine »

Cyanure sortira en salle seulement trois semaines après Roche papier ciseaux de Yan Lanouette Turgeon, un autre long métrage mettant en vedette Roy Dupuis. Force est d’admettre que, à 49 ans, ­l’acteur est toujours aussi populaire.

«J’aimais bien le scénario de Cyanure, explique-t-il. C’était l’histoire la plus intéressante qu’on m’offrait. Ça rentrait bien dans mon horaire.» Roy Dupuis a ­beaucoup impressionné Cornamusaz avec «sa précision nord-américaine». La réalisatrice ne tarit pas d’éloges envers l’acteur québécois, qui compte une quarantaine de films à son actif.

«Travailler avec Roy était une très belle expérience, dit-elle. Parce que, d’une part, c’est un acteur immense. Puis on était dans un contraste culturel fort intéressant. Il est d’une grande générosité. Il est très juste... sans chercher la performance à tout prix. C’est rare qu’un acteur avec l’habitude de jouer des premiers rôles accepte de jouer un personnage secondaire.»

«Quand je décide d’endosser un personnage, je travaille fort. Je m’impose une certaine rigueur, indique Roy Dupuis. Sur un plateau, j’aime bien dire au ­réalisateur: “Laisse-moi t’en donner une. Ne me dis rien. Donne-moi une prise, puis on passe à autre chose.” J’arrive toujours avec une proposition.»

Périple en Inde

Roy Dupuis devrait retrouver le chemin des plateaux de tournage cet été. Entretemps, il s’envolera pour l’Inde, histoire de compléter un périple entamé en 2010. Cette fois-ci, l’acteur explorera le nord du pays pendant deux mois et demi. Un voyage de ressourcement au cours duquel il visitera notamment le Népal en plus de grimper l’Himalaya pour fêter son 50e anniversaire.


Cyanure, en salle le 15 mars.

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