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Pourquoi les femmes craignent-elles la droite ?

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Dimanche, au congrès Liberté-Québec à Trois-Rivières, j’ai découvert l’écoféminisme, un mouvement de gauche qui lie «viol de la nature» et «domination machiste».

Dimanche, au congrès Liberté-Québec à Trois-Rivières, j’ai découvert l’écoféminisme, un mouvement de gauche qui lie «viol de la nature» et «domination machiste».

La nature représenterait les valeurs féminines, comme l’intuition, la non-violence (certains n’ont jamais vu une lionne tuer une antilope) et holistique. Alors que la pensée mâle, carrée et rationnelle, excelle à exploiter les faibles.

C’est fou ce qu’on apprend dans un congrès de la droite.

Toutes des mères Teresa

Je ne suis pas membre du RLQ. Ni d’aucun parti ou mouvement. J’avais été invitée avec mes collègues Sophie Durocher et Brigitte Pellerin pour débattre de la question «Pourquoi les femmes ont-elles peur de la droite?» Question plus que pertinente à la veille du 8 mars, la Journée du «nous la sainte femme de gauche». Car on le sait, droite = méchanceté, mais femme = bonté.

Pourtant, selon les statistiques, plus de femmes que d’hommes maltraitent des enfants.

Les femmes sont des êtres humains comme les autres... mais comment alors expliquer pourquoi elles craignent tant la droite? Je montre du doigt un féminisme d’arrière-garde qui nous présente encore comme des victimes naturelles qui ont besoin d’être prises en charge. Autrefois, les hommes veillaient sur nous. Maintenant, l’État s’en occupe. Le gouvernemaman de Joanne Marcotte, la femme courageuse qui a fondé le RLQ.

Mauvaises communications

Connaissons-nous bien le message de la droite? Que nous sommes assez intelligentes pour faire les choix qui nous conviennent? Que nous sommes responsables? Que le ‘communautaire’ demeure l’instrument le plus performant pour réaliser la justice sociale? Que la concurrence constitue la meilleure garantie de qualité? Que l’État est à notre service, et non l’inverse?

Et qu’au lieu de saupoudrer l’argent des contribuables sur des problèmes mineurs ou imaginaires, nous pourrions utiliser le bien collectif pour redonner aux victimes de la vie dignité et espoir?

La droite se vend mal. Il y a pénurie de modèles crédibles. Marine Le Pen et Sarah Palin inspirent peu. Les femmes n’aiment pas les idéologies rigides. Il faut aussi reconnaître que c’est plus difficile d’être 100 pour cent autonome quand on prend soin de petits êtres vulnérables. Sans parler des contradictions : la droite adore la liberté de choix, sauf si ça touche les femmes.

On entend aussi des niaiseries genre la droite, c’est mathématique et les femmes sont nulles en chiffres. J’ai même entendu que les filles campent à gauche, parce qu’elles lisent trop de magazines féminins! La droite débile, comme la gauche gnangnan, ça existe.

Et ce n’est pas en claironnant des inepties genre «l’accès aux soins de santé n’est pas un droit humain» ou «les pauvres choisissent d’être pauvres», qu’on va convaincre les femmes de changer d’allégeance. La droite sans compassion est stérile.

L’argent libère

Le vrai défi consiste à convaincre les femmes, et les familles, que c’est en gardant plus d’argent dans leurs poches après avoir payé leur juste part, qu’elles pourront réaliser leurs rêves et donner à leurs enfants toutes les chances d’étendre leurs ailes. Si un maximum de gens désirent un jour retourner à une société matriarcale simple et bonne, comme le souhaitent les écoféministes, sans chimiothérapie ni industries lourdes, il faudra vivre avec...

Mais je doute fort que la plupart des femmes entretiennent ce genre de fantasme.

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