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Crédit d'impôt

Budget fédéral : Les syndicats outrés

Les avantages à confier ses épargnes à la FTQ et à la CSN fondent

Les syndicats outrés
Photo archives / Agence QMI
Le président de la FTQ Michel Arsenault.

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Il ne sera bientôt pas plus ­avantageux de confier ses épargnes à la FTQ ou à la CSN qu’à une ­institution financière ­classique puisqu’Ottawa supprimera les ­crédits d’impôt aux fonds de ­travailleurs.

Il ne sera bientôt pas plus ­avantageux de confier ses épargnes à la FTQ ou à la CSN qu’à une ­institution financière ­classique puisqu’Ottawa supprimera les ­crédits d’impôt aux fonds de ­travailleurs.

À l’heure actuelle, en plaçant 5000 $ dans un fonds de travailleurs, comme le Fonds de solidarité FTQ ou le Fondaction CSN, un épargnant peut économiser jusqu’à 750 $ en impôt fédéral par an grâce au crédit d’impôt de 15 % dont ­bénéficie ce type de fonds de placement.

Dans son huitième budget déposé hier, le ministre des Finances Jim Flaherty a annoncé qu’il mettra la hache dans cet avantageux allégement fiscal qui lui coûte 145 M$ par année.Il sera réduit à 10 % en 2015, puis fondra à 5 % en 2016, avant de disparaître complètement en 2017.

«Je vais avertir mes clients de regarder vers d’autres fonds parce que ceux-là vont devenir de moins en moins recommandables», indique le fiscaliste Mario Bergevin, vice-président de Services conseils Innovesco.

Impact sur l’économie

«En éliminant les crédits d’impôt des fonds de travailleurs, les conservateurs démontrent leur mépris envers les petits épargnants, en plus de nuire à l’économie du Québec, c’est odieux», a tonné le président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), Michel Arseneault.

La décision d’Ottawa touchera en effet davantage le Québec que le reste du ­Canada puisque, même s’il existe 19 fonds de travailleurs au pays, les deux plus importants sont dans la Belle ­Province. Ainsi, en 2010, sur 301 000 ­participants canadiens à ce type de fonds, 271 000 étaient Québécois, soit 90 %.

Outre les épargnants, c’est tout un pan de l’économie locale qui pourrait pâtir de la disparition du crédit d’impôt fédéral, ­selon M. Bergevin, puisque les fonds de ­travailleurs ont l’obligation de réinvestir 60 % de leurs gains dans l’économie. En 25 ans, le Fonds de solidarité FTQ a ainsi injecté à lui seul plus de 10 G$ dans l’économie d’ici.

«On créé et on maintient 500 000 jobs ­depuis 25 ans. Ce sont autant de gens qui paient des taxes et des impôts, des gens qui font rouler l’économie», explique le secrétaire général de la FTQ, Daniel Boyer.

Même son de cloche du côté de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), qui estime qu’Ottawa «met à mal un outil original et essentiel qui mise sur le développement durable et les emplois décents».

Pas catastrophique

Il faut toutefois prendre la colère syndicale avec des pincettes. «Ce n’est pas un changement catastrophique. Les fonds de travailleurs vont continuer à exister», modère Luc Godbout, directeur du département de fiscalité à la faculté d'administration de l'Université de Sherbrooke.

Il souligne qu’il y a plus de 4,5 millions de déclarants au Québec et qu’une très faible proportion choisit les fonds de travailleurs comme véhicule d’épargne (271 000).

Martine Hébert, vice-présidente pour le Québec de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, estime pour sa part que la décision d’Ottawa sera ­bénéfique pour l’économie.

«Le crédit d’impôt est une dépense fiscale pour l’État. C’est plus important qu’on ­rééquilibre le budget parce que le déficit, c’est l’impôt de demain», insiste-t-elle.

Économiste de formation, Mme ­Hébert est d’avis que les avantages fiscaux concédés aux fonds de travailleurs ne sont plus justifiés, car après 25 ans ils sont arrivés à maturité et leur important surplus leur permet de continuer d’investir et de croître sans l’aide du fédéral.

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