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Le syndrome de la cage dorée

Le syndrome de la cage dorée
Photo fotolia Si la sécurité et les avantages sociaux liés à votre travail vous empêchent d’être heureux et de vous sentir épanouie, il y a lieu de se questionner sur vos motivations à y rester.

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Laurent, 45 ans, a étudié en administration et en sciences politiques. Des circonstances inattendues l’ont projeté dans une très grande organisation où il occupe un poste depuis près de 20 ans. Déjà, il a profité de mutations interdépartementales en quête de plus de satisfaction et de cohérence avec ses valeurs.

Laurent, 45 ans, a étudié en administration et en sciences politiques. Des circonstances inattendues l’ont projeté dans une très grande organisation où il occupe un poste depuis près de 20 ans. Déjà, il a profité de mutations interdépartementales en quête de plus de satisfaction et de cohérence avec ses valeurs. Aujourd’hui, malgré d’excellentes conditions salariales, il entre au travail sans motivation. Il crie à l’aide et se raconte.

«Je me vois comme un professionnel confiné à un rôle d’exécutant et mon estime de moi en prend un coup. Entre autres, un supérieur exige régulièrement un travail qui ne répondra pas au besoin de la situation. Je suis au fait de cela, c’est de ma compétence, alors que ce n’est pas son cas. Je veux éviter qu’un geste inutile soit posé, mais il tient son bout et ignore totalement mon point de vue. Conséquence, je conçois des présentations inutiles jusqu’à tard le soir. Quelques jours après, tout est à refaire au prix d’autres heures éreintantes et sans jamais un «vous aviez raison, j’suis désolé». C’est ainsi jour après jour, dans une ambiance de course folle et d’échéancier serré. Voilà ma cage et elle me paraît de plus en plus contraignante.

SATISFACTION OU SÉCURITÉ

J’ai tenté, dans la mesure de mon pouvoir, de changer les choses. J’ai réalisé que le système et les dirigeants ne partagent pas mes valeurs, mes idées et mon besoin de satis­faction au travail. Ce style de gestion fait partie intégrante de la culture en place. J’ai rêvé et entretenu des illusions pendant quelques années, mais aujourd’hui, je n’y crois plus tellement.

J’endure tout ça pour profiter de nombreux avantages et d’une sécurité financière à long terme. Je touche un salaire bien au-dessus de la moyenne, je bénéficie d’avantages sociaux privilégiés ainsi que d’un fonds de pension qui prend du poids, année après année. Voilà finalement pourquoi je subis ce travail. J’en suis rendu là. Qui l’eût cru!

UN FIL D’ESPOIR

Après toutes ces années dans le métier, je ressens du découragement et de la frustration, je me retrouve non seulement insatisfait, mais malheureux. Aujourd’hui, je m’interroge sérieusement sur mon besoin de sécurité en regard de celui de me sentir utile, compétent et reconnu dans mon travail. J’en suis là.

Mais, comment ne pas tenir compte de tels avantages? Je sais maintenant ce que signifie l’expression «cage dorée». Je me sens prisonnier de ma sécurité. Que faire d’intelligent dans ma situation? Y aurait-il un mince fil d’espoir que je ne verrais pas?»

RECHERCHE DE SOLUTION

Je comprends votre dilemme. De belles conditions ne se repoussent pas spontanément du revers de la main sans que la décision soit bien assumée. Au fait, ces belles conditions achètent pour ainsi dire votre soumission. Vous m’avez dit que dans le passé, vous avez profité de quelques mutations dans divers départements pour améliorer votre situation. Que faire de plus?

L’entreprise ne va pas changer, c’est à vous de changer votre attitude au travail et de savoir jusqu’où vous tenez à vos avantages. Précisez calmement vos attentes à vos supérieurs et invoquez votre besoin d’autonomie professionnelle. Proposez à votre patron une façon plus efficace d’atteindre le but qu’il vise. Faites valoir vos compétences, vous influencerez ainsi la suite des choses.

Aussi, Laurent, refusez de travailler à des heures indues, imposez gentiment, mais fermement vos limites. Faites valoir l’importance que vous accordez à l’équilibre vie professionnelle et vie personnelle. Vous protégerez ainsi votre santé physique et mentale.

UNE QUESTION DE VALEURS ET DE CHOIX

Donnez-vous trois à six mois pour faire ce changement et voyez ce qui se passera. J’y vois l’ultime possibilité de faire évoluer les choses autour de vous. Pendant cette période, croyez à votre but, susciter des changements. Vous ferez ainsi des pas en dehors de cette cage.

S’il n’y a pas de changement, relevez la tête, voyez votre valeur, prenez-vous en main et cherchez un autre emploi. Au début, Laurent, votre salaire sera peut-être quelque peu inférieur (ou pas), vous participerez à des REÉR, il se peut que vous ayez à payer vos soins dentaires, mais vous aurez quitté cette cage dorée. C’est maintenant une question de valeurs et de choix. Quant à moi, mon idée est faite, être heureux au travail est une véritable récompense à s’offrir et elle n’a pas de prix.


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