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Laval | upac

Hôtel de ville sous écoute

Des microphones ont été cachés dans plusieurs bureaux lors des perquisitions

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Des microphones ont été cachés dans plusieurs bureaux et locaux à l'intérieur de l'hôtel de ville de Laval. C’était lors des perquisitions menées par l'Unité permanente  anticorruption (UPAC) et l'Escouade Marteau de la Sûreté du Québec, dans le cadre de l’enquête sur l’attribution des contrats publics de la Ville de Laval, a appris notre Bureau d'enquêtes.

Il a été impossible de connaître le nombre d’appareils d’écoute qui a été installés à l’insu de l’administration de la Ville, ni la pertinence des renseignements qui ont été enregistrés. Le Bureau d’enquêtes a appris que les procureurs envisageaient la possibilité de porter des accusations de gangstérisme contre des dizaines de suspects qui ont participé à un présumé ­réseau de collusion et corruption. On ne peut toutefois pas faire un lien entre la possibilité d’accusations de gangstérisme et l’information obtenue grâce aux micros dissimulés àl’hôtel de ville.

Pendant la nuit

Les micros ont été installés la nuit dans le plus grand secret, pendant la perquisition du 4 octobre dernier, alors que les policiers avaient demandé à tous les employés municipaux de l'édifice situé sur le Boulevard du Souvenir, de quitter les lieux pour la journée.

Tout au long de la nuit du jeudi à vendredi 4 et 5 octobre, entre 50 et 70 policiers de l’escouade Marteau et de l'Unité permanente ­anticorruption (UPAC) ont poursuivi l’exécution des mandats de perquisition à cinq endroits à Laval, y compris à une résidence de l’ancien maire, Gilles Vaillancourt.

Selon deux sources confidentielles connaissant les faits, les policiers ont récupéré il y a quelques semaines dans le plus grand secret, à la faveur de la nuit, les ­micros et les équipements d’écoute qui étaient dissimulés dans des locaux et ­bureaux de l’hôtel de ville.

La Sûreté du Québec a refusé de donner quelque information que ce soit sur les perquisitions et sur les stratégies utilisées pour son enquête à Laval, mais elle n’a pas démenti du même coup nos informations.

La Ville ignorait tout

Le porte-parole de la Ville de Laval, Marc DeBlois, a déclaré ne pas avoir eu connaissance de micros cachés par la ­police à l’hôtel de ville ou dans un autre édifice municipal qui aurait fait l’objet d’une perquisition au mois d’octobre. Il a cependant précisé qu’il n’aurait pas nécessairement été mis au courant.

À peu près au même moment où les micros étaient discrètement retirés à Laval, une perquisition avait lieu le 19 février à l’hôtel de ville de Montréal, à la grande consternation des employés et des élus ­municipaux.

Tout comme à Laval, les policiers avaient demandé aux employés et aux élus d’évacuer l’hôtel de ville, qui avait ensuite été mis sous scellé. Le Bureau d’enquêtes n’a pas d’information permettant de croire que des micros auraient été effectivement posés à l’hôtel de ville de Montréal.

Rappelons que le 7 février dernier, le Bureau d’enquêtes avait révélé qu’une ­rafle policière se préparait à Laval, et pourrait mener à plus d’une quarantaine d’arrestations, selon diverses sources. Par contre, les informations recueillies à cette époque ne faisaient pas état de «gangstérisme».

La loi sur le gangstérisme, qui est entrée en vigueur en 2002, permet aux policiers d'inculper de façon conjointe plusieurs personnes qui œuvrent dans un but criminel commun, non pas uniquement les membres d’organisations criminelles traditionnelles comme les gangs de rue, la mafia italienne, etc. Dans le cas présent, il s’agirait de collusion dans le but de frauder la Ville de Laval et ses contribuables.

 

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