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Pour son ami Frank Zampino, c’était gratuit

Bernard Trépanier soutient avoir organisé de façon bénévole les campagnes électorales de celui qu’il qualifie de « chum »

Mélanie Colleu

Mélanie Colleu @

Publié le: | Mise à jour:

Pour son ami Frank Zampino, c’était gratuit

Photo d’archives

Frank Zampino

Bernard Trépanier a agi à titre de «faux bénévole» en touchant de l’argent comptant pour l’organisation d’élections clés en main. Mais pour son «chum» Frank Zampino, c’était différent.

«Un chum, c’est un chum. Je n’ai ­jamais rien demandé à Frank Zampino. On allait là pour s’amuser et en même temps on ­travaillait», a-t-il raconté, se ­remémorant la belle époque où il allait­accrocher des pancartes dans Saint-­Léonard, véritable fief de l’ex-président du Comité exécutif de la Ville de Montréal.

L’amitié entre les deux hommes ­remonte à plus de 25 ans. Bernard ­Trépanier a été de toutes les campagnes électorales de M. Zampino. Fidèle, depuis le début.

«C’était la famille», a-t-il dit à ­plusieurs reprises. Aujourd’hui, les deux hommes se retrouvent tous deux assis côte à côte sur le banc des accusés dans l’affaire du Faubourg Contrecœur.

« Faux bénévole » payé comptant

Bernard Trépanier a aussi travaillé bénévolement pour le maire de Laval Gilles Vaillancourt.

«Mais c’était juste un coup de main», a-t-il indiqué à la juge France ­Charbonneau.

Celui que tous surnomment désormais «Monsieur 3 %» a roulé sa bosse en politique municipale dans les années 1990, en organisant des élections clés en main dans plusieurs villes québécoises.

Des firmes de génie-conseil ou des ­entreprises en construction misaient alors sur un candidat en finançant sa campagne, avec la garantie d’obtenir des contrats publics en retour si leur poulain était élu.

Bien que bénévole, ses talents d’organisateur politique étaient récompensés en argent comptant, notamment à Saint-Jérôme, à Boisbriand ou encore à Le Gardeur. «C’était tellement peu», a-t-il précisé, mentionnant le remboursement de ses dépenses d’essence et de lunch.

«Et le seul faux bénévole que vous connaissiez, c’était vous?» a demandé la juge Charbonneau.

«Oui», a souri le témoin.

Pas de financement avant 2004

M. Trépanier a expliqué que, à cette époque, il ne mettait pas encore le nez dans le financement politique.

«L’organisateur n’allait pas chercher de financement», a-t-il avancé, précisant qu’il n’avait «jamais embarqué là-dedans avant 2004».

Au printemps de la même année, il a obtenu un poste permanent à Union Montréal, en tant que directeur du ­financement.

«Je l’ai accepté moyennant certaines conditions : je ne faisais aucun dépôt, je ne signais aucun chèque, je ne voulais aucune responsabilité», a mentionné M. Trépanier.

Il éclaircira certainement le rôle qu’il tenait au sein du parti dans la suite de son témoignage aujourd’hui.


  • Un autre ingénieur démissionne. Pierre Lavallée, président de BPR, a quitté ses fonctions hier. Sa démission survient au lendemain de celles de ­Rosaire Sauriol, de Dessau, et de Robert Marcil, du Groupe SM. Les trois hommes ont été entendus par la Commission ­récemment.

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