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Cigarettes électroniques

Un risque potentiel important

Thomas Plourde / Agence QMI

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Daniel Gauthier / Agence QMI

Contrairement à ce que prétendent les fabricants de cigarettes électroniques, ce produit pourrait être dommageable pour la santé.

SAGUENAY – Contrairement à ce que prétendent les fabricants de cigarettes électroniques, ce produit qui gagne rapidement en popularité pourrait être dommageable pour la santé.

C’est ce que révèle le responsable de la prévention du tabagisme à l’Agence de la santé du Saguenay-Lac-Saint-Jean, André Marchand.

«Actuellement, on ne sait pas grand-chose sur leur contenu car il n’y a pas eu d’études poussées sur le sujet», a-t-il expliqué.

Malgré le faible nombre d’études réalisées, M. Marchand a ajouté que certains facteurs de risque sont tout de même connus. «La composition du liquide qu’il y a à l’intérieur de chaque cigarette électronique change d’un fabricant à l’autre, mais plusieurs utilisent du propylène glycol, une substance cancérigène reconnue qu’on retrouve notamment dans l’antigel».

Il a rappelé que le ministère de la Santé a recommandé d’éviter de consommer des cigarettes électroniques, qu’il y ait de la nicotine à l’intérieur ou non. Des études sont présentement en cours pour mieux les connaître.

Nicotine ou sans nicotine?

Dans le commerce de détail, particulièrement dans les dépanneurs, on retrouve couramment des cigarettes électroniques vendues comme étant sans nicotine puisqu’elles sont considérées comme un bien de consommation, avec une réglementation moins stricte.

De plus, la distinction entre les deux types n’est pas toujours bien définie. «En lien avec les cigarettes électroniques sans nicotine, on se questionne à savoir s’il n’y a vraiment aucune trace de nicotine», a soulevé André Marchand.

Par ailleurs, la croyance populaire voulant que la fumée qui en sort ne soit que de la vapeur d’eau est fausse.

Les cigarettes électroniques qui contiennent de la nicotine, en revanche, sont réglementées sous la «Loi sur les aliments et drogues». Elles doivent donc être approuvées par Santé Canada avant d’être disponibles légalement. Aucune cigarette électronique n’a été approuvée par l’agence gouvernementale à l’heure actuelle, ce qui signifie que cette variante est illégale.

La loi contournée

Malgré le fait qu’elles présentent plusieurs des mêmes risques que les cigarettes traditionnelles, les cigarettes électroniques profitent d’une zone grise dans la réglementation actuelle, qui leur permet de ne pas être considérées comme un produit du tabac.

Le résultat est une grande popularité, entre autres dans les écoles secondaires. « On les a vues apparaître rapidement dans les écoles secondaires il y a environ un an, à un point tel que des écoles nous ont avisés du phénomène. On invite les établissements à appliquer les mêmes règles qui régissent tout autre produit du tabac. Le phénomène doit être pris au sérieux, il ne faut pas tolérer ça à l’intérieur d’un établissement public et encore moins d’une école», a soutenu M. Marchand.

 

Les cigarettes électroniques

-Apparues sur le marché québécois en 2012;

-Deux variantes: avec ou sans nicotine;

-La première légale, la seconde illégale au Canada;

485 chargements de cigarettes électroniques avec nicotine saisis aux douanes au cours des deux dernières années.

Un mauvais choix pour arrêter de fumer

Depuis leur apparition sur le marché québécois, les cigarettes électroniques sont perçues par certains comme un moyen d’aider à arrêter de fumer. Or, les spécialistes que nous avons interrogés ont affirmé que rien ne justifie cette réputation qui n’est pas basée sur des études scientifiques.

«Les produits qui facilitent l’abandon du tabagisme doivent être homologués et ils passent à travers une série d’études qui prouvent que leurs effets sont bien réels », a expliqué la Dr Roxane Néron, porte-parole du Défi J’arrête, j’y gagne.

Or, la cigarette électronique n’a subi aucun de ces tests. Et même dans le cas des produits approuvés, Mme Néron a rappelé qu’aucun d’eux n’est miraculeux. « Des produits comme ça aident à contrôler la partie dépendance à la nicotine, mais ça ne change pas les habitudes. Ça permet d’aider certaines personnes, mais ça n’est pas suffisant pour tout le monde», a-t-elle souligné.

Les véritables produits pour cesser de fumer fournissent de très petites doses de nicotine sur une longue durée, et doivent être utilisés uniquement quelques semaines pour faciliter la période de sevrage.

Maintenir l’habitude

C’est précisément là, selon elle, où se trouve le problème. «L’utilisation de cigarettes électroniques maintient l’habitude, le geste et le réflexe de fumer. Quelqu’un qui continue d’utiliser des cigarettes électroniques en remplacement de cigarettes régulières maintient la dépendance», a ajouté la Dr Néron.

Le responsable de la lutte au tabagisme à l’Agence de la santé du Saguenay-Lac-Saint-Jean, André Marchand, a soulevé lui aussi l’importance des habitudes dans l’arrêt du tabagisme. «Avec des produits, on joue sur l’aspect de remplacer la nicotine, mais il y a aussi une importance au changement de comportement. Si, par exemple, quelqu’un sort de table après le souper pour aller fumer sur un fauteuil, on va lui conseiller de faire une promenade à la place».

Elle a ajouté qu’il est «faux de dire que la cigarette électronique est moins dommageable que les autres produits du tabac. On parle à travers notre chapeau parce qu’on ne sait pas si c’est vraiment le cas».

Incitatif?

La question de créer ou maintenir l’habitude avec des cigarettes électroniques est également problématique dans le cas des personnes qui n’ont jamais fumé. «Des cigarettes électroniques, il y en a de toutes les saveurs et qui sont vendues sans nicotine. Des non-fumeurs peuvent se dire que c’est inoffensif et commencer à en utiliser et une fois qu’ils ont pris l’habitude, ils peuvent passer à d’autres produits plus dangereux», s’est inquiété M. Marchand.

Il a déploré cette opinion répandue, particulièrement chez les jeunes. «C’est une approche comparable à des bonbons. On les voit, sur le bord du comptoir, avec une allusion évidente au tabagisme. C’est la même chose qu’on a pu voir à une certaine époque, avec ce qu’on appelait des «cigarettes Popeye», a-t-il comparé.

 

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