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Lobbyisme illégal

Bernard Trépanier
photo Courtoisie
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Bernard Trépanier a omis de s’inscrire au registre des lobbyistes alors qu’il recevait près de 570 000 $ pour «ouvrir des portes» à Astral dans ­certaines villes. C’était illégal.

L’ex-directeur du financement d’Union Montréal a reçu près de 570 000 $ entre 2002 et 2011 pour «ouvrir des portes» à Astral dans des ­municipalités du Québec, dont Montréal, a expliqué le témoin devant la commission Charbonneau hier.

Or, «c’est très clair que ça constitue du lobbyisme. Et si on est rétribué, on doit s’inscrire. C’est illégal de ne pas le faire», laisse tomber Patrice Ryan de Ryan Affaires publiques et chargé de cours en lobbying à l’Université de Montréal.

Vérifications faites par le Journal, M. Trépanier n’y a jamais été enregistré. Mais il est bien trop tard pour porter des accusations, précise M. Ryan.

La loi prévoit un délai maximal d’un an entre l’infraction et la mise en accusation. Dans tous les cas, il y a pire qui lui pend au bout du nez, souligne M. Ryan.

La situation dans laquelle M. Trépanier s’est placé, «c’est la définition même du lobbyisme, mais plusieurs ne s’inscrivent pas non plus», ­déplore pour sa part Raymond Hudon, professeur de sciences politiques à l’Université Laval et expert en la matière.

La raison est simple pour lui : la loi est inadéquate.

L’une des modifications suggérées par celui-ci est la création de registres du ­lobbyiste à Montréal et l’adoption, par chacune des villes, de règles de lobbyisme.

«Il faut rapprocher la loi du lieu où les choses se font», plaide-t-il.

Plusieurs villes ont adopté cette manière de faire : New York, Chicago et Toronto, ­illustre le professeur.

Silence radio d’Astral

Astral a refusé de répondre aux nombreuses questions du Journal hier.

«(Il) était rémunéré par chèque, minimalement 500 $ par mois pour couvrir ses ­dépenses pendant plusieurs années, en plus de factures liées à des projets de panneaux publicitaires ou à du réseautage», s’est contenté d’écrire son porte-parole.

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