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Médecin | Négligence

Le Dr Bourdon coupable

Le Collège demande que le chirurgien soit radié pendant un an

Le Dr Bourdon coupable
Photo d’archives
Le Dr Bourdon a plaidé coupable aux quatre chefs d’infraction. Le Collège des méde­cins demande maintenant une radiation temporaire d’un an.

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Le Dr Gilles Bourdon, qui est à l’origine du rappel de près de 700 coloscopies à l’Hôpital du Lakeshore, a plaidé coupable à quatre infractions devant le Collège des médecins, hier.

Le Dr Gilles Bourdon, qui est à l’origine du rappel de près de 700 coloscopies à l’Hôpital du Lakeshore, a plaidé coupable à quatre infractions devant le Collège des médecins, hier.

Le chirurgien de 55 ans a, entre autres, reconnu ne pas avoir respecté le choix d’une patiente en 2010.

Retard dans le traitement

Cette dernière souhaitait subir une opération chirurgicale pour traiter son cancer du rectum, mais le Dr Bourdon aurait plutôt cherché «à la convaincre de changer d’idées» en lui proposant la radiothérapie à cinq occasions, souligne le syndic.

Il a aussi admis avoir retardé «inutilement [...] la prise en charge requise par sa condition médicale sérieuse et urgente».

L’avocate du Collège des médecins (CMQ) réclame une radiation temporaire d’un an et 8000 $ d’amende.

«C’est une faute extrêmement grave et sérieuse. Par ses faits et gestes, le Dr Bourdon a réduit à néant toute la qualité de la relation médecin-patient», a souligné Me JoAnn Zaar.

De son côté, l’avocat du Dr Bourdon, Me David E. Platts, a insisté sur le fait que le chirurgien a plaidé coupable aux accusations.

Il réclame une radiation temporaire de trois ou quatre mois et une amende de 2000 $.

«Il a reconnu les délais [...], a-t-il dit. Il tentait d’améliorer ses chances de survie (de la patiente) à la longue.»

Le médecin désolé

Durant son témoignage, le Dr Bourdon a présenté ses excuses à la patiente.

«Je suis désolé et je regrette amèrement et sincèrement d’avoir brimé son opinion et ses choix personnels, et que ça ait entraîné un retard dans son traitement», a-t-il déclaré.

De son côté, le syndic du CMQ, Steven Lapointe, a souligné hier que le «processus a toujours été laborieux pour obtenir les versions du Dr Bourdon. On observait une nonchalance.»

Il s’agit d’une deuxième radiation pour le Dr Bourdon. En 2009, il avait été radié pendant deux mois dans une affai­re de négligence de suivi médical.

Quant aux autres infractions, le médecin de Pointe-Claire a admis avoir fourni de faux renseignements et d’avoir fait preuve de réticence dans l’enquête du syndic.

Droits de chirurgie

En 2011, alors qu’il était interrogé par le CMQ, le Dr Bourdon avait dit détenir tous les droits de chirurgie, alors que l’hôpital lui avait retiré des privilèges hospitaliers en 2009.

Hier, le cinquième chef d’infraction a par ailleurs été retiré pour «insuffisance de preuve probante».

En septembre dernier, l’Hôpital du Lakeshore a annoncé le rappel de 684 coloscopies effectuées depuis 2009 par le Dr Bourdon. Depuis mars 2012, il ne travaille plus à l’hôpital.

Durant son témoignage, le Dr Bourdon a dit avoir perdu environ la moitié de sa clientèle et il travaille beaucoup moins qu’avant.

Pratique restreinte

Le 13 juin 2012, le chirurgien s’est engagé à ne plus procéder à des opérations en centres hospitaliers ou à des coloscopies.

Il peut toutefois pratiquer des chirurgies mineures en cabinet privé, ce qu’il fait à Pointe-Claire.

Le 11 octobre dernier, il s’est aussi enga­gé à ne plus faire d’endoscopies diges­tives (sauf d’un type) ni de biopsies.

La décision du conseil ne sera pas connue avant plusieurs mois.


► Le procès du Dr Bourdon a été retardé de cinq mois. En novembre dernier, au premier jour de l’audience, il s’était présenté devant le Collège sans avocat. Il avait alors invoqué des «bouleversements dans sa vie professionnelle».

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