/news/currentevents
Navigation
justice | terrorisme

Aucune résistance

Plusieurs témoins ont assisté à l’arrestation du suspect à la Gare centrale

Coup d'oeil sur cet article

Les témoins de l’arrestation d’un homme à la Gare centrale de Montréal, lundi, étaient bien loin de se douter qu’il allait être accusé d’avoir planifié un attentat terroriste et faire les manchettes partout dans le monde.

Interrogés par le Journal, ceux qui ont assisté à la scène en début d’après-midi, indiquent qu’ils ne se doutaient pas de l’importance de ce qui se déroulait sous leurs yeux.

«On ne savait pas que ce serait un big deal. C’est comme si personne ne se rendait compte de ce qui se passait», explique un employé de la Gare centrale, qui désire garder l’anonymat.

Au moment de son arrestation, Chiheb Esseghaier se trouvait dans un coin du restaurant McDonald’s.

L’homme barbu était vêtu d’un manteau de ski noir. Il était assis avec son ordinateur portable, près de la porte qui donne sur le débarcadère des taxis Champlain.

C’est par là que deux gros camions sont arrivés. Un témoin raconte avoir vu deux agents en uniforme descendre, accompagnés de trois policiers habillés de vestons sport et de deux autres portant des complets.

«Ils ne couraient pas, ils se sont dirigés tranquillement vers la porte du restaurant», raconte un témoin qui se trouvait dans le stationnement.

Une dizaine de policiers se trouvaient sur place, selon les estimations de Deny, un employé du restaurant.

Arrêté sans résistance

À l’intérieur, «les policiers lui ont demandé de se lever et de les suivre. Il était très calme.

Les deux autres personnes ont ramassé l’ordinateur», raconte Josée Larivière, une cliente du restaurant.

Les policiers ont conduit l’homme menotté dans le stationnement couvert.

«Ils l’ont emmené un peu plus loin, près d’un mur. C’est là qu’ils l’ont fouillé», explique Alex Rojas, l’un des chauffeurs de taxi.

«Ils ont enlevé ses souliers et les ont brassés pour voir s’il y avait quelque chose dans la semelle. Ils ont fouillé ses poches et ses vêtements avec attention», affirme un autre passant.

Celui-ci dit avoir vu un des hommes en complet lui lire un document d’environ deux pages.

«Ils ont parlé pendant au moins cinq minutes. Lui, il écoutait, mais il ne parlait pas.»

«Il n’était pas normal. C’est comme s’il dormait. Il ne se débattait pas et il ne criait pas», ajoute un autre témoin.

Les policiers auraient finalement fait monter l’homme dans le véhicule avec les agents en civil avant de repartir.

«Nous étions très surpris, nous ne savions pas ce qui se passait. Même les agents de sécurité ne le savaient pas.»

Les chauffeurs de taxi ont affirmé ne pas avoir remarqué la présence d’Esseghaier auparavant.

L’arrestation ne semble pas avoir effarouché les clients du restaurant, qui était encore bondé hier.

«Ça ne me fait pas peur, la preuve c’est que je mange encore ici», a conclu Mme Larivière.


Sur les traces du suspect depuis un an

Raed Jaser, l’un des deux terroristes allégués, loue le sous-sol d’une maison à North York, dans le nord de Toronto, où il habite avec sa conjointe. Ses voisins, questionnés lors d’une perquisition de la maison par la GRC avant-hier, avaient remarqué que des enquêteurs à bord de VUS banalisés surveillaient l’endroit depuis plus d’un an. L’un d’eux, Sanjay Chaudhary, raconte avoir reçu un exemplaire du Coran dans sa boîte aux lettres quelques mois après l’arrivée de M. Jaser dans le voisinage.

Commentaires