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La mort kilométrique

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Dans les écoles de journalisme on enseigne la théorie de la mort ou du mort kilométrique depuis une dizaine d'années.  Le principe est simple. Pour déterminer la valeur d'une nouvelle, il suffit de prendre le nombre de morts divisé par le nombre de kilomètres qui séparent l'auditoire de la nouvelle.  Le résultat impliquera une plus grande attention à un mort au centre-ville de Montréal qu'à une tragédie qui aura coûté la vie d'une centaine de personnes au Pakistan.

Le fondement du raisonnement est simple : les médias appliquent à la lettre la loi de la proximité.  Une nouvelle qui impliquera des citoyens québécois génèrera beaucoup plus d'attention.

Réactions sur Twitter de quelques médias lors des premières minutes qui ont suivi la tragédie de Boston

premières minutes Boston avril 2013

(cliquez sur l'image pour mieux voir)

La proximité émotive ou géographique est donc un vecteur d'intérêt incontournable dans l'ensemble des médias du monde entier.

Or, au Québec nous semblons pousser cette théorie encore un peu plus loin.  Dans l'année précédant les jeux olympiques de Vancouver, les préparatifs se taillaient une place dans le top 20, 40 ou 100 (classement moyen) que nous réalisons chaque jour pour 160 pays.  Au Canada, les préparatifs des jeux de Vancouver se glissaient dans le top 3, 5 ou 10 chaque jour.

Pendant ce temps chez nous, tant qu'un Québécois n'avait pas mis les pieds à Vancouver en 2010, il fallait dresser un top 5000 pour trouver les jeux de Vancouver.

Ce matin à 9h00 l'attentat déjoué qui visait un train de Via Rail dominait l'actualité québécoise, canadienne et se trouvait au 2e rang international.

Que trouvait-on au premier rang mondial, me demanderez-vous ?

  • L'attentat contre l'ambassade de France à Tripoli.
La nouvelle était #1 dans le monde.

En comparaison, il fallait faire un top 20 pour la trouver au Canada.

Aucun Québécois ne semblait se trouver autour de l'ambassade de France à Tripoli.

Il fallait faire un top 6000 pour trouver la nouvelle au Québec.

 

1 commentaire(s)

FB251 dit :
23 avril 2013 à 13 h 01 min

Je ne mettrais pas la faute sur l'auditoire ou le lectorat québécois, à quelque part ce sont les médias qui choisissent ce qui fait la Une. Avec Québécoir, La Presse, Le Devoir, L'Actualité, on a pratiquement fait le tour, alors....