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Francœur de rocker

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Lucien Francœur a droppé de l’acide, pris du LSD, consommé des champignons magiques, fumé du pot, pris de la mescaline, touché à la MDA (l’ancêtre de l’ecstasy), pris de la coke avant de tomber dans les bras de l’héroïne. Et il a mélangé tout ça avec de la bière et du gros gin.

Lucien Francœur a droppé de l’acide, pris du LSD, consommé des champignons magiques, fumé du pot, pris de la mescaline, touché à la MDA (l’ancêtre de l’ecstasy), pris de la coke avant de tomber dans les bras de l’héroïne. Et il a mélangé tout ça avec de la bière et du gros gin.

C’est un secret de Polichinelle que dans certains milieux artistiques, la consommation de drogue est chose courante. Mais rarement un artiste en avait parlé avec autant d’honnêteté que Lucien Francœur le fait dans sa biographie qui vient de sortir.

Francœur s’est fait enfirwhopper par les drogues, mais elles lui ont aussi fait vivre des méchants beaux «trips». Sa vie de poète rock a été marquée par sa relation amour-haine avec les stupéfiants.

LE FREAK DE MONTRÉAL

Le rockeur sanctifié, la biographie écrite par Charles Messier, qui vient de sortir aux éditions VLB, est un fascinant voyage dans le monde culturel des 40 dernières années.

Peu d’artistes ont eu une carrière aussi diversifiée que Lucien Francœur.

Il a publié de la poésie et fait de la musique avec Aut’chose. Il a été ami avec Gaston Miron et fréquenté les Hells. Il a fait du rap avant que ça soit à la mode. Il a été animateur à la radio à CKOI et prof de littérature au CÉGEP. Il a vanté Rimbaud et fait de la pub pour les hamburgers de Burger King.

Comme le résume très bien Pierre Marchand, le pdg d’Archambault, Francœur était un «marginal commercial».

Mais ce sont les passages où il se confie, sans tabou, sur sa relation avec les drogues qui sont les plus intéressants du livre.

Il faut du culot, dans un monde politiquement correct, pour écrire des phrases comme celles-ci: «L’acide aura eu sur moi cet effet foudroyant et bénéfique d’ouvrir mes horizons créatifs et de me permettre d’aller voir ce qu’il y avait au fond de moi.» «Sans la drogue, et particulièrement l’acide, je n’aurais jamais rien publié.» «Je crois encore aux vertus créatives de la drogue.»

Mais Francœur présente aussi le côté sombre des drogues: la dépendance, les downs, les cures de désintoxication, le corps magané après avoir passé trois jours sur le party.

Depuis 10 ans, il est sur la méthadone pour se libérer de sa dépendance à l’héroïne. «Si j’avais continué l’héro, je serais sûrement en train de prendre un coup dans un bar glauque, complètement saoul, misérable. Ou bien je serais mort», écrit-il.

Francœur ne donnera à personne l’envie de consommer. Mais il a le mérite de parler avec transparence de sa vie d’ex-drogué, sans aucune hypocrisie et sans faire la morale.

UN ROCKER TRISTE

Aujourd’hui, ce qui rend Lucien Francœur le plus déprimé, c’est que tous ses compagnons sont morts et enterrés. De sa génération de rockers ou de poètes maudits qui ont brûlé la chandelle par les deux bouts, il est le seul encore vivant.

C’est peut-être ça la plus grande tristesse d’être un vieux rocker de 65 ans. Les drogues et les excès font mourir tes amis avant le temps.

Et tu arrives à l’âge de la retraite, avec ta carte de l’âge d’or, sans personne avec qui te rappeler tes belles années.

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