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UPAC | « Honorer »

Laval: l'ex-maire Gilles Vaillancourt et l'entrepreneur Tony Accurso ont été arrêtés par l'Unité permanente anti-corruption (UPAC)

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LAVAL - L'unité permanente anticorruption (UPAC) a arrêté jeudi matin l'ex-maire de Laval Gilles Vaillancourt dans le cadre de la plus importante frappe de son histoire. En tout, 37 personnes vont être accusées en lien avec un stratagème de collusion et de corruption dans l'octroi des contrats municipaux.

Ils feront face à de multiples accusations de fraude, fraudes envers le gouvernement, complot, abus de confiance, corruption dans les affaires municipales, recyclage des produits de la criminalité et gangstérisme.

Le système était établi en trois groupes distincts: « des entrepreneurs et ingénieurs, des facilitateurs (avocats, notaires et un commerçant) ainsi qu'un groupe d'individus, composé d'un maire d'un directeur général et d'un directeur général à l'ingénierie », selon l'UPAC.

Vaillancourt, qui a été maire pendant 23 ans et avait démissionné en novembre dernier, a été cueilli chez lui vers 6 h.

Il a été conduit au quartier général de la Sûreté du Québec, pour y être interrogé.

Le réseau de collusion et de corruption démantelé jeudi était « organisé et structuré», a expliqué le commissaire à la lutte contre la corruption, Robert Lafrenière, en point de presse.

« Les chefs d'accusation qui ont été déposés sont extrêmement sérieux. Le message est clair, l'UPAC n'hésitera pas à épingler les corrupteurs et les corrompus, qui qu'ils soient et où qu'ils se trouvent », a-t-il ajouté.

L'homme d'affaire Tony Accurso, qui s'était déjà fait passer les menottes deux fois en 2012, a également été arrêté.

Marc Lefrançois, président de l'entreprise Poly Excavation, a aussi été cueilli à sa résidence de Blainville.

Anthony Mergl, grand patron de la firme de construction Nepcon, a pour sa part été arrêté dans le même immeuble que Vaillancourt.

De plus, lespoliciers ont mis la main au collet de Jean Bertrand, le représentant officiel du parti PRO des Lavallois, la formation politique de Gilles Vaillancourt qui a été au pouvoir pendant un quart de siècle.

Des membres des forces de l'ordre ont également été vus au domicile de Pierre L. Lambert, avocat chez Dunton Rainville.

En tout, 120 policiers participent à l'opération de jeudi, baptisée « Honorer ». Au cours de l'enquête, qui a duré trois ans, les forces de l'ordre ont rencontré plus de 150 témoins, obtenu 160 autorisations judiciaires et effectué 70 perquisitions.

Ils ont également capté 30 000 conversations de surveillance électronique et récupéré 480 000 $ en argent comptant.

D'autres arrestations pourraient être effectuées dans les prochaines semaines, indiquent les autorités.

Laval était dans la mire des autorités policières depuis plusieurs mois. L'automne dernier, de nombreuses perquisitions y ont été menées par les enquêteurs de l'UPAC.

L'hôtel de ville de Laval a été visée, ainsi que les bureaux du parti PRO des Lavallois.

Les enquêteurs s'étaient également rendus à la résidence personnelle du maire d'alors, Gilles Vaillancourt, et ils avaient perquisitionné ses coffrets bancaires.

Le domicile de l'avocat lavallois Jean Bertrand, représentant officiel du PRO et ami de longue date de Gilles Vaillancourt, avait également reçu la visite des policiers.

La possibilité que d'importantes sommes d'argent aient transité à l'étranger a aussi été étudiée.

Le 12 octobre, des perquisitions impliquant 70 enquêteurs avaient également été menées dans les bureaux des firmes Poly Excavation, Louisbourg SBC, Nepcon, J.Dufresne Asphalte et Construction Mergard.

Gilles Vaillancourt, surnommé « maire à vie" » a fait l'objet de multiples allégations de malversations au fil des années. L'ancien député péquiste Serge Ménard a notamment affirmé que le maire lui avait illégalement tendu une enveloppe de 10 000 $ comptant pour l'aider lors de la campagne électorale de 1993. Il dit ne pas l'avoir acceptée.

L'ex député libéral Vincent Auclair a également affirmé que Vaillancourt lui avait offert une enveloppe, qu'il a refusée.

Puis, devant a commission Charbonneau, l'entrepreneur Lino Zambito a affirmé qu'un stratagème de collusion était en place à Laval, et qu'une ristourne de 2,5% était versée au maire par certaines entreprises ayant obtenu des contrats.

Vaillancourt a démissionné de son poste le 9 novembre 2012 après un règne de 23 ans. Il s'estimait alors « profondément blessé » par tout ce que des témoins lui reprochaient.

Dans la foulée, son parti politique a été sabordé le 19 novembre.

Depuis, c'est Alexandre Duplessis qui assume l'intérim à la mairie, avant les élections municipales du 3 novembre prochain.


Personnes arrêtées jeudi :

Gilles Vaillancourt

Rosaire Sauriol

Claude Deguise

Pierre L. Lambert

Jean Gauthier

Serge Duplessis

Yanick Bouchard

Alain Filiatreault

Valmont Nadon

Joseph Molluso

Anthony Mergl

Giuliano Giuliani

Louis Farley

Robert Cloutier

Guy Desjardins

Lyan Lavallée

Luc Lemay

Carl Ladouceur

Yves Théberge

Daniel Lavallée

Claude Asselin

Robert Talbot

Jean Bertrand

Guy Vaillancourt

Laval Gagnon

François Perreault

Jocelyn Dufresne

Antonio Accurso

Ronnie Mergl

Marc Lefrançois

Patrick Lavallée

Guy Jobin

Mike Mergl

Claude Desjardins

Mario Desrochers

Léonardo Moscato

Normand Bédard

 

8 JUIN 1989
Gilles Vaillancourt devient maire de Laval à la tête du Parti PRO des Lavallois.
NOVEMBRE 2010
L’ancien ministre Serge Ménard affirme que Vaillancourt lui a proposé une enve- loppe contenant 10 000 $ pour «l’aider» dans sa campagne électorale de 1993. Le député libéral de Vimont, Vincent Auclair, raconte que le maire lui a aussi proposé une enveloppe blanche, qu’il a refusée. Le maire Vaillancourt nie tout et menace de poursuivre pour diffamation, mais ne le fait pas.
15 JUIN 2011
L’agence QMI révèle que le cabinet d’avo- cats Dunton Rainville a obtenu plus de 25 M$ en contrats de la Ville de Laval en 12 ans. Chaque fois, Dunton Rainville était le seul soumissionnaire. Pourquoi? Les exigences des appels d’offres étaient si précises et si restrictives qu’elles sem- blent avoir favorisé Dunton Rainville, tout en décourageant les offres rivales.
16 JUIN 2011
Un immeuble de bureaux de Laval, occupé par le cabinet d’avocats Dunton Rainville, a bénéficié pendant plus de 16 ans d’une éva- luation foncière municipale fixée sous le prix de vente de l’édifice de 1990, révèle l’Agence QMI. L’Ordre des évaluateurs agréés du Québec déclenche une enquête.
11 NOVEMBRE 2011
L’agence QMI révèle que les entreprises choisies pour gérer l’ancienne carrière mu- nicipale auraient utilisé pour 5 M$ de fausses factures. En mars 2002 et janvier 2003, l’administration Vaillancourt a oc- troyé la gestion du Carré Laval à Valmont Nadon Excavation et Disposition Remblai, sans appel d’offres. Les producteurs des fausses factures sont eux-mêmes criminels ou liés au crime organisé.
NUIT DU JEUDI 4 AU VENDREDI 5 OCTOBRE 2012
La Sûreté du Québec perquisitionne quatre édifices de Laval, dont l’hôtel de ville et la résidence principale du maire Gilles Vaillancourt, située au 4673, croissant des Îles. On y installe des micros cachés.
11 OCTOBRE 2012
L’Unité permanente anticorruption (UPAC) perquisitionne six entreprises de construction de Laval: Valmont Excava- tion, Construction Mergad, Nepcon, Construction Louisbourg, J. Dufresne Asphalte et Poly Excavation.
15 OCTOBRE 2012
Lino Zambito affirme devant la commis- sion Charbonneau qu’une ristourne de 2,5 % de la valeur des contrats de construction à Laval était destinée au maire, par l’entremise de Marc Gendron de la firme de génie-conseil Tecsult, au début des années 2000 .
22 OCTOBRE 2012
l’Agence QMI révèle que l’administration Vaillancourt a discrètement vendu un ter- rain à la famille Rizzuto de Laval, qui l’a revendu avec un bénéfice de 1,2 million neuf mois plus tard. On demande à la Sûreté du Québec de faire enquête.
23 ET 24 OCTOBRE 2012
L’UPAC et la Sûreté du Québec perquisi- tionnent une dizaine de coffrets de sûreté appartenant à — ou contrôlés par — Gilles Vaillancourt. Les coffrets sont situés dans quatre succursales d’institutions financières, dont au moins deux caisses populaires Desjar- dins. C’est la troisième vague de perqui- sitions policières en trois semaines visant l’administration Vaillancourt.
24 OCTOBRE 2012
Le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, se retire temporairement de ses fonctions pour une période de repos, disant que le repos est recommandé par son médecin.
9 NOVEMBRE 2012 6 MARS 2013
Gilles Vaillancourt démissionne. Il nie toute allégation de corruption et main- tient qu’il a toujours servi les contribua- bles lavallois au meilleur de ses capacités.
19 NOVEMBRE 2012
Le parti PRO des Lavallois (Équipe Vail- lancourt), au pouvoir depuis 30 ans, an- nonce sa dissolution. Ses 20 conseillers siégeront dorénavant à titre d’indépen- dants au conseil municipal. Le parti remet le million de dollars que ses coffres contiennent au Directeur général des élections.
20 NOVEMBRE 2012
L’UPAC perquisitionne les bureaux du PRO des Lavallois.
15 JANVIER 2013
L’Agence QMI révèle qu’une mystérieuse entreprise dont le siège social est enregis- tré au Panama a fait un profit rapide de 190 000 $ grâce à une succession de transactions immobilières impliquant des terrains de la Ville de Laval.
6 MARS 2013
Notre Bureau d’Enquête apprend que la femme de Gilles Vaillancourt, Francine Vaillancourt, a déboursé 160 000 $ pour un condo situé en Floride alors qu’il était évalué à 418 160 $ ou même plus sur le marché à l’époque.
24 MARS 2013
Notre Bureau d’enquête dévoile que des microphones ont été cachés dans plu- sieurs bureaux et locaux de l’hôtel de ville de Laval lors des perquisitions menées dans la nuit du 4 au 5 octobre.
3 MAI 2013
Le maire intérimaire de Laval, Alexandre Duplessis, annonce la suspension, pour une durée indéterminée, du directeur gé- néral de la Ville, Gaétan Turbide, et de son adjoint, Jean Roberge, en marge de leurs témoignages attendus à la Commission Charbonneau. Ils pourraient tous deux témoigner dès la semaine prochaine.
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