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Justice | Permis

Les criminels bannis des taxis

On exigera sous peu des chauffeurs qu’ils aient un casier judiciaire sans tache

Les criminels bannis des taxis
Photo le Journal de Montréal, Sarah Bélisle Il s’agit d’une excellente nouvelle très bien reçue par les chauffeurs de taxi, selon Dory Saliba, président de la branche montréalaise du Comité provincial de concertation et de développement de l’industrie du taxi et président de Taxi Hochelaga.

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Ceux qui traînent un lourd passé criminel ne pourront plus s’installer au volant d’un taxi. Les antécédents criminels ne seront bientôt plus tolérés chez les chauffeurs, qui devront montrer patte blanche.

Ceux qui traînent un lourd passé criminel ne pourront plus s’installer au volant d’un taxi. Les antécédents criminels ne seront bientôt plus tolérés chez les chauffeurs, qui devront montrer patte blanche.

«La vérification des antécédents (des chauffeurs), c’est là où on veut aller. On a pour mission d’accroître la sécurité des usagers et c’est une façon d’y arriver», explique Alexandra René, porte-parole du ministère des Transports.

Ils sont en contact avec une foule de clientèles vulnérables: des personnes âgées, des handicapées, des enfants, plaide-t-elle.

Les mécanismes de vérification et les ententes avec les forces policières sont en cours d’élaboration, ajoute Mme René, sans en dire plus sur les méthodes envisagées.

En fait, les chauffeurs de taxi du Québec devront remettre un «certificat de négativité» émis par un corps de police, attestant qu’ils n’ont pas d’antécédents criminels, explique Benoît Jugand, chef de division au Bureau du taxi et du remorquage de Montréal.

Ils devront donner ce certificat en preuve lorsqu’ils recevront leur permis de chauffeur de taxi, ainsi qu’à chaque renouvellement de celui-ci tous les deux ans.

Même si la mesure est d’ores et déjà prévue dans la loi, aucune vérification du genre n’est effectuée pour le moment, indique M. Jugand.

Il s’agit de s’assurer de la sécurité des passagers, ainsi que de redorer le blason de l’industrie du taxi.

«Ce sont des professionnels qui sont formés pendant de nombreuses heures pour offrir le service, plaide M. Jugand, qui regrette que les chauffeurs aient bien souvent mauvaise presse. C’est un métier qui devrait être reconnu.»

L’exigence d’un casier vierge pourrait devenir réalité dès janvier 2014, espère pour sa part Dory Saliba, président de la branche montréalaise du Comité provincial de concertation et de développement de l’industrie du taxi et président de Taxi Hochelaga.

Crédibilité

«À la Table, ça fait déjà deux ans qu’on en discute, explique M. Saliba. C’est important: être chauffeur est une grande responsabilité.»

S’il applaudit à la mesure qui augmentera la fiabilité et améliorera l’image des chauffeurs, il décrit du même souffle les coûts supplémentaires engendrés par la mesure.

«On paie toujours plus cher chaque fois. Ce n’est pas juste», déplore M. Saliba.

C’est une question de crédibilité, renchérit le chauffeur de taxi Pierre Boyer, qui voit la mesure d’un bon œil.

«C’est une bonne chose, c’est certain, s’exclame-t-il, surpris d’apprendre que de telles vérifications n’avaient pas déjà lieu. Travaillerais-tu avec quelqu’un qui a fait de la prison pour un vol d’auto ou autre chose?»

Impossible pour l’instant de savoir combien de chauffeurs pourraient être affectés par cette nouvelle exigence.

Un vrai casse-tête

Mais sa mise en place pour tous les chauffeurs de taxi de la province s’avère un véritable casse-tête.

Le grand nombre d’intervenants dans le dossier qui doivent s’entendre sur les détails entourant la mesure en complique l’application.

«Qui va faire les recherches et à quel coût?» s’interroge notamment M. Jugand.

Si on ne vérifie pas systématiquement les casiers judiciaires des chauffeurs de taxi, ils sont loin d’échapper à certaines vérifications et sanctions plus ciblées pour autant, souligne M. Jugand.

Ainsi, les chauffeurs sont interdits de permis s’ils ont commis un crime en lien avec leur taxi. On parle ici d’utiliser sa voiture de taxi pour faire du trafic de stupéfiants, illustre le chef de division.

Les plaintes pour manque de courtoisie entraînent pour leur part de lourdes conséquences. Les chauffeurs peuvent perdre leur permis pour cinq ans s’ils récidivent trois fois dans la même année.

PERMIS RESTREINTS

Les chauffeurs de taxi ne sont pas les seuls conducteurs professionnels à bénéficier d’un permis restreint. Celui-ci leur permet de rouler sur les routes du Québec après avoir perdu tous leurs points d’inaptitudes.
Chauffeurs de taxi
2012 : 36
2013 (jusqu’à mi-avril) : 6
Chauffeurs de véhicules lourds
2012 : 183
2013 (jusqu’à mi-avril) : 44
Chauffeurs d’autobus
2012 : 9
2013 (jusqu’à mi-avril) : 1
Chauffeurs de camion porteurs
2012 : 109
2013 (jusqu’à mi-avril) : 23
Source : SAAQ
COMMENT AVOIR SON PERMIS DE CHAUFFEUR DE TAXI?
Obtention:
Cours obligatoire
Examens dont la note de passage est de 75 %
À venir : prouver qu’on a un dossier criminel sans tache
Renouvellement:
Tous les deux ans
Cours de rafraichissement de 12 heures depuis janvier 2013
À venir : prouver qu’on a un dossier criminel sans tache
Source : Bureau du taxi et du remorquage de Montréal
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