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Manœuvre fatale

Un kitesurfeur de 32 ans perd la vie à Oka

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Un kitesurfeur de 32 ans a connu une fin horrible dimanche sur le lac des Deux-Montagnes, s’étant noyé après une fausse manœuvre reconnue comme dangereuse.

Julien Blanchard était à 500 mètres de la rive lorsque les forts vents lui auraient fait perdre l’équilibre.

«Dans notre jargon, on appelle ça le kite loop infernal, mais là, c’est devenu le kite loop de la mort», déplore le kitesurfeur Maurice Desfossés, qui a assisté à la scène.

M. Blanchard avait pourtant plusieurs années d’expérience dans ce sport extrême, qui consiste à glisser sur l’eau sur une planche tirée par un cerf-volant, mais n’a pu éviter le kite loop infernal (voir tableau).

«Quelqu’un nous l’a pointé du doigt en disant que ça faisait 10 minutes qu’il était en kite loop. Il fallait l’aider, ça pressait», explique M. Desfossés.

Avec un bateau, lui et deux autres personnes se sont rendus près de la voile, mais ils ne voyaient pas la victime, complètement immergée. Ils ont tiré sur les cordages pour pouvoir hisser l’homme à bord.

Jusqu’au rivage de la plage d’Oka, Maurice Desfossés a tenté de le réanimer. Les secouristes ont ensuite pris le relais, sans succès. «J’étais sur les nerfs, confie M. Desfossés. C’était encore pire après le sauvetage raté, je savais que c’était fini.»

Une première au Québec

Les décès en kitesurf sont rares au Québec, au point où c’est la première fois que le Bureau du coroner doit étudier un tel cas. Les kite loops ne sont toutefois pas inhabituels.

«C’est étrange parce qu’il y a un système d’éjection sur un kitesurf, mentionne Arthur de la Mauvinière, instructeur de kitesurf. Au bout de deux loops, tu es censé t’éjecter.»

Maurice Desfossés a inspecté le matériel de Julien Blanchard. Il dit avoir constaté que le système d’éjection n’avait pas été déclenché et croit que la voile allait si vite qu’il n’en a pas eu le temps.

«Ce n’est pas normal, tout le monde sait que le système existe et va s’éjecter avant», mentionne M. de la Mauvinière, qui croit que la victime avait peut-être perdu connaissance.

La SQ ne pouvait pas confirmer ces informations hier, mais a indiqué que le matériel de la victime allait être scruté à la loupe.

LA MANŒUVRE

1- Une fausse manœuvre, une chute ou un bris d’équipement survient.
2- Une partie du cerf-volant se coince.
3- Il se met à tournoyer sur lui-même.
4- Le kitesurfeur est successivement projeté dans les airs et tiré sous l’eau dans un mouvement perpétuel.
5- Il doit alors se détacher de son matériel par un système d’éjection.
Source: Gilles Burns, propriétaire de la
boutique de kitesurf 30 Nœuds de Laval
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