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Génie | Contrats publics

Imposteur chez Dessau et BPR

En se faisant passer pour un ingénieur, il a travaillé sur trois contrats publics à Québec

Imposteur chez Dessau et BPR

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Un imposteur à l’emploi des grandes firmes de génie Dessau et BPR a réussi à travailler sur des chantiers publics pendants plusieurs années, en se faisant passer illégalement pour un ingénieur, a découvert notre Bureau d’enquête.

Un imposteur à l’emploi des grandes firmes de génie Dessau et BPR a réussi à travailler sur des chantiers publics pendants plusieurs années, en se faisant passer illégalement pour un ingénieur, a découvert notre Bureau d’enquête.

 

Mathieu Lévesque, un homme de la région de Québec, a été pris la main dans le sac après avoir sévi sur une période d’au moins 3 ans.

«C’est du jamais-vu», nous a-t-on laissé savoir à l’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ).

Le 16 mai dernier, celui qui prétendait faussement être ingénieur a reconnu sa culpabilité à cinq chefs d’infraction à la Loi sur les ingénieurs et au Code des professions. Il vient d’écoper d’amendes totalisant 10 000 $.

Sceau illégal

La supercherie lui a permis de travailler à titre d’ingénieur dans des projets sur des édifices très en vue dans la ville de Québec, dont le Grand théâtre de Québec, le Musée de la civilisation et l’édifice à bureaux Hector-Fabre.

Lévesque a poussé l’audace jusqu’à apposer un sceau d’ingénieur sur des plans et devis d’un projet de réfection de l’auditorium du Musée de la civilisation.

Normalement, lorsqu’un ingénieur appose son sceau sur des plans, il engage sa responsabilité professionnelle et peut éventuellement faire l’objet de poursuites si le travail est inadéquat.

L’ingénieur imposteur utilisait même un faux numéro de membre de l’Ordre des ingénieurs, le 14164, sur un formulaire versé à son dossier chez un de ses employeurs, apprend-on dans un jugement de la Cour du Québec.

Et tout ça, alors qu’il était employé des firmes Dessau puis BPR, deux entreprises qui auraient participé allègrement à de la collusion et du financement politique illégal, selon les témoignages d’ex-employés devant la commission Charbonneau.

Du jamais-vu

«C’est la première fois qu’on voit ça», laisse tomber Me Janick Dufour, avocate à la direction des affaires juridiques de l’OIQ, à propos du cas de Mathieu Lévesque.

«Normalement, ce genre de poursuite, c’est pour un acte précis. Par exemple un non-ingénieur qui fait des plans et devis. Mais là, c’est un modus operandi qui s’est échelonné chez deux employeurs pendant des années», renchérit-elle.

L’enquête de l’Ordre des ingénieurs a été ouverte suite à une plainte venant d’un témoin, a-t-on pu apprendre.

Chose certaine, l’OIQ, dont l’image a déjà été lourdement entachée par les actions de collusion et de corruption d’une poignée de ses membres, n’entend pas à rire avec ce cas «exceptionnel».

«On doit s’assurer que les travaux qui ont besoin d’ingénieurs sont faits par des professionnels, qu’on peut contrôler au niveau de la compétence», explique l’avocate.

«On veut dire au public: on vous protège», ajoute Me Dufour.

En 2012-2013, 16 poursuites pour usurpation ont été intentées à la suite des enquêtes de l’OIQ, mais dans presque tous les cas, il s’agit de manquements qui ne se sont produits qu’une fois, et non sur une longue période.

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