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La souveraineté dans le rouge

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Avec Jacques Parizeau, il n’y a pas d’équivoque. Selon lui, il est évident que le Québec doit devenir un État indépendant, et ce, au plus sacrant.

Avec Jacques Parizeau, il n’y a pas d’équivoque. Selon lui, il est évident que le Québec doit devenir un État indépendant, et ce, au plus sacrant.

Il y a cependant un gros hic. D’un point de vue strictement financier, il appert que le gouvernement fédéral dépense bon an, mal an, au Québec beaucoup plus d’argent que ce qu’il récolte en impôts et taxes de tout acabit.

Non! Ce n’est pas un rapport commandé par le gouvernement Harper qui soutient ce douloureux constat pour la cause souverainiste. Les sources? Elles ont pour noms hautement crédibles l’Institut de la statistique du Québec (Direction des statistiques économiques et du développement durable) et Statistique Canada (Division des comptes des revenus et dépenses).

Ainsi, selon les plus récentes estimations projetées par l’Institut de la statistique du Québec, et dont le Journal a copie, l’administration fédérale a dépensé, au Québec, en 2011, quelque 19 milliards de dollars de plus que les recettes tirées de la province.

61,6 MILLIARDS

Les dépenses fédérales courantes effectuées au Québec atteignaient, en 2011, 61,6 milliards de dollars. Cela comprend les dépenses fédérales en biens et services, en transferts d’argent aux particuliers (pension de vieillesse, assurance-emploi, prestations pour enfants) et aux entreprises québécoises, en transferts d’argent au gouvernement provincial (péréquation, etc.) et aux municipalités, en intérêts sur la portion québécoise de la dette publique fédérale, etc.

Les recettes en provenance du Québec plafonnaient, en 2011, à environ 42,5 milliards de dollars.

Entrent dans les recettes fédérales, les impôts directs des particuliers et des sociétés, des cotisations aux régimes d’assurance sociale, les impôts indirects (TPS et autres taxes), etc.

De farouches défenseurs de l’indépendance du Québec rétorqueront peut-être que l’année 2011 s’avérait exceptionnelle. Eh non! En 2010, la «balance souverainiste» affichait également un aussi lourd déficit, soit 19,2 milliards de dollars.

En fait, la «balance souverainiste» s’est considérablement détériorée depuis 2004. À cette époque, on observait à peine un écart négatif de 967 millions de dollars. Depuis 2008, l’écart dépasse annuellement 11 milliards, alors que le gouvernement fédéral dépense globalement beaucoup plus d’argent au Québec qu’il n’en retire par l’entremise des impôts et taxes.

ÉTUDES

J’espère que ces statistiques économiques, compilées par notre Institut de la statistique du Québec, pourront faire l’objet de futures analyses sérieuses sur la viabilité économique ou pas de la souveraineté du Québec.

Cela devrait répondre partiellement aux interrogations de Jacques Parizeau. Il pressait, cette semaine, le gouvernement Marois de plancher sur études économiques capables de faire la lumière sur les avantages d’un Québec indépendant par rapport au statu quo du fédéralisme canadien.

J’approuve cette démarche de l’ancien premier ministre péquiste et réputé ministre des Finances du gouvernement Lévesque. À la condition, évidemment, de commander des études économiques neutres. Cela nous permettra peut-être de régler l’épineuse question de la «rentabilité» d’un Québec indépendant ou souverain. Jusqu’à présent, on assiste à des combats de chiffres plus ou moins précis et vérifiables entre les indépendantistes et les fédéralistes, chacun des groupes étant convaincu de posséder la vérité.

Pour un éclairage de base, vive les bureaux de Statistique Québec et de Statistique Canada.

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