/opinion
Navigation
Politique agricole

Le PQ doit refaire ses devoirs!

bilan pq marois
Photo Jean-François Desgagnés

Coup d'oeil sur cet article

Le Parti québécois a déposé le 16 mai dernier une politique dite de souveraineté alimentaire. Nous, agriculteurs, citoyens, artisans de la terre et de la table, pensons que cette politique dénature le concept de souveraineté alimentaire en plus de n’offrir aucun moyen pour y arriver.

Où donc était le Parti québécois ces 15 dernières années pendant que les agriculteurs et la population étaient confrontés à des crises et des conflits mettant en cause la gouvernance et le modèle agricole? Leur politique ne comporte aucune action pour y remédier et fait fi des recommandations de l’une des plus importantes consultations de toute l’histoire du Québec, la Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire du Québec (rapport Pronovost, 2008).

Ce rapport demandait, entre autres, que l’on permette «librement» la vente des produits agricoles à la ferme et en circuits courts afin de diversifier notre agriculture et les revenus des petites et moyennes fermes. Cette ouverture dans la mise en marché collective permettrait de répondre autant aux nombreux jeunes ruraux qu’aux besoins et au savoir-faire des artisans des métiers de bouche. Pourtant, le PQ n’en dit rien.

Le rapport Pronovost, puis le rapport St-Pierre, jugeait le principal programme de subventions agricoles - l’Assurance Stabilisation des Revenus Agricoles (ASRA) – comme inéquitable pour l’ensemble des agriculteurs. En plus d’accumuler des déficits, ce programme est responsable de l’expansion des intégrateurs en agriculture, tandis que notre population souhaite préserver une agriculture familiale. Pourtant, le PQ n’en dit rien.

Par ailleurs, Pronovost demandait que le monopole syndical de l’Union des producteurs agricole (UPA) soit remplacé par un réel pluralisme d’association, plus en accord avec les valeurs de la société. Comme il le soulignait si bien: «...Non seulement la loi crée-t-elle, à toutes fins utiles, une instance unique de représentation des producteurs agricoles, mais elle lui donne pour ainsi dire un caractère permanent.» Ce monopole de représentation a fait l’objet de critiques importantes, entre autres par le Barreau du Québec qui a plusieurs fois souligné que l’UPA possède «des privilèges dont aucun autre organisme québécois ne bénéficie». Pourtant, le PQ n’en dit rien.

La carte de la peur

Le rapport Pronovost, suivi du rapport Ouimet, proposait de rendre le territoire agricole accessible aux néo agriculteurs et aux ruraux. Pourtant, le PQ a préféré jouer la carte de la peur des étrangers par un faux débat sur l’accaparement des terres, rapidement démenti par l’étude Meloche et Debailleul qui conclut: «(...) qu’il n’y a pas de phénomène d’accaparement des terres agricoles au Québec.» Le PQ a donc choisi des modifications marginales à la loi plutôt que de s’attaquer au problème bien plus important de l’accès à la terre pour ceux qui veulent vivre de notre territoire. Faut-il leur rappeler que plus de 50 % du territoire agricole du Québec n’est pas cultivé?

Face à tous ces constats, nous, agriculteurs, citoyens, artisans de la terre et de la table demandons à la première ministre, Pauline Marois, ainsi qu’au ministre de l’Agriculture, François Gendron, de refaire leurs devoirs afin de donner aux agriculteurs et à la population ce qu’ils attendent d’une politique agricole, dans l’esprit, sinon la lettre, du Rapport Pronovost, et des rapports St-Pierre et Ouimet qui le complètent.

 

- Benoit Girouard, président Union paysanne

 

- Jacques Proulx, ex-président UPA et Solidarité rurale

- Michel St-Pierre, ex-sous-ministre MAPAQ

- Jean-Pierre Léger, PDG Groupe St-Hubert

- Nathalie Joanette, pdg. Fou du cochon et Scie

- Jérôme Ferrer, Chef Propriétaire Restaurant Europea

- Daniel Pinard, communicateur

- Roméo Bouchard, Coalition Sos-Pronovost

- Christian Bartomeuf, Clos Saragnat

- Marie Anne Rainville, boulangère, Bis la boulange

- Daniel Gosselin, Fromagerie Au Gré des Champs

- Jean Morin, Fromagerie du Presbytère

- Ianik Marcil, économiste

Commentaires