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Acteurs du système de collusion

La Ville veut récupérer les sommes volées par le biais de la corruption

On veut faire annuler la vente des résidences de Surprenant et Leclerc à des proches pour presque rien

Collusion
photos Courtoisie
Lino Zambito, Michel Lalonde, Gilles Surprenant et Luc Leclerc.

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Montréal se dit prête à tout pour récupérer les sommes volées par le biais de la collusion et la corruption: même à tenter d’annuler les transactions immobilières de ses anciens employés corrompus.

Gilles Surprenant avait remis les clés de sa ­maison pour un dollar à sa fille tout juste avant son passage devant la commission Charbonneau. Luc Leclerc avait cédé la sienne pour rien du tout à son ex-conjointe.

Des transactions qui avaient d’ailleurs été ­révélées au grand jour par le Journal à l’automne dernier.

Elles avaient tout l’air d’une tentative de les ­protéger d’une saisie en cas d’éventuelles poursuites civiles contre eux.

Or, Montréal ne l’entend pas de cette oreille. La Ville a déjà engagé des procédures contre ses deux ex-fonctionnaires afin de récupérer près de 1,1 M$.

Pour éviter que les deux demeures n’échappent à la Ville en cas de victoire, le maire Applebaum a ­annoncé hier que Montréal déposait une seconde poursuite, cette fois-ci pour faire annuler les deux transactions immobilières.

Zambito et Lalonde visés aussi

Au passage, le maire a ajouté que deux autres ­témoins de la commission Charbonneau sont la cible d’une poursuite en dommages d’une valeur de 300 000 $.

Lino Zambito, Michel Lalonde et l’ancienne firme dont il était président, Génius conseil, sont visés dans le recours lié à la construction d’un égout ­collecteur sur la rue Sherbrooke Est. La facture de celui-ci aurait été gonflée indûment.

Les documents légaux de ces deux poursuites ­devaient être déposés en bonne et due forme en Cour hier après-midi.

L’immunité mise en doute

La Ville et son service juridique sont d’avis que l’immunité octroyée par la commission à ses ­témoins ne les empêche pas d’exercer ces recours contre les quatre hommes qui ont pleinement ­collaboré aux travaux de la commission d’enquête.

Un avis que ne partage pas du tout l’avocate de Lino Zambito, qui entend contester la poursuite.

«Ça (l’immunité) s’applique tant au civil qu’au ­criminel», plaide Me Marie-Josée Corriveau, qui n’avait toutefois toujours pas les documents en mains hier après-midi.

«L’immunité, ça a l’air que ça ne vaut pas grand-chose», a pour sa part déploré Luc Leclerc, à qui le Journal a appris la nouvelle.

«Je pensais avoir l’immunité. C’est ça qu’on m’avait dit quand on a préparé nos témoignages», souligne-t-il.

Il croit que l’attitude de la Ville nuit à la commission en incitant les témoins à se taire. De plus, «la commission n’a pas vraiment défendu ses témoins».

«Il y a des gens qui gagnent à la loterie, moi j’ai perdu à la commission», a laissé tomber M. Leclerc.

Le porte-parole de la Commission n’a pas souhaité émettre de commentaire.


• La portée de l’immunité des témoins est d’ores et déjà à l’ordre du jour des séances de la Commission des 3 et 4 juin prochains.

– Avec la collaboration d’Étienne Laberge, de l’Agence QMI, et de Simon Bousquet, du Journal de Montréal

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Lino Zambito, Michel Lalonde, Gilles Surprenant et Luc Leclerc.
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Lino Zambito, Michel Lalonde, Gilles Surprenant et Luc Leclerc.
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