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Ninja malgré lui

Ninja malgré lui

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BD
Ninja malgré lui
Martin le Ninja vol.1
de David Therrien
Sganarelle et Martin le Ninja, outre leur truculence, ont ceci en commun: l’imposture imposée. Car si le personnage de Molière doit personnifier un docteur alors qu’il ne connaît pas un traître mot de latin, celui de David Therrien, comptable de métier, devient bien malgré lui ninja.
Jean-Dominic Leduc
collaboration spéciale

L’homme de chiffres, trentenaire ronflant de surcroît, se fait recruter par un démon afin de combattre le mal. La grisaille quotidienne vire rapidement au rouge de l’enfer. Les sbires de Lucifer, barbares et zombies, rendent la vie bien difficile à l’aspirant ninja, pour le plus grand plaisir des lecteurs.

Autoédition

Lancée en décembre 2010, cette série autopubliée de sept numéros à ce jour — un huitième est en préparation pour le prochain ComicCon de Montréal — est distribuée dans plus d’une quinzaine de points de vente au Québec, dont Studio 9, La Boîte à BD et Millenium.

David Therrien a choisi le dur chemin de la consigne et de l’autoédition par désir de liberté créative, mais aussi parce que l’auteur, de son propre aveu, est peu patient. «Courtiser des éditeurs, attendre ensuite de leurs nouvelles, très peu pour moi. Et puis, l’idée de me faire imposer une censure ne m’intéresse en rien», explique l’artiste originaire de Sainte-Sophie.

Auteur de son époque, il mène la promotion de sa série sur les médias sociaux, participe à de nombreux événements, développe des produits dérivés, dont une statuette d’Azazel, le petit diable qui recruta Martin. Ce ne sont pas les idées qui manquent pour Martin le Ninja, mais le temps et l’argent.

«J’ai du matériel pour une trentaine de numéros. Si j’en avais les moyens financiers, je publierais un numéro par mois. Alors que plusieurs investissent dans un cinéma maison, moi, j’imprime des bandes dessinées!»

Le graphiste à la pige a fait la rencontre déterminante du libraire Jean Marquis, propriétaire de La Boîte à BD à Laval. Ce dernier a tellement aimé ce qu’il a lu qu’il a proposé au créateur de le soutenir financièrement en produisant notamment une compilation des cinq premiers numéros en un seul album. Ils ont ensuite collaboré à la création d’une nouvelle série, Pierre et la pierre.

Le Plaisir et rien d’autre

Le malin plaisir que prend David Therrien à animer son ninja de papier est contagieux. Sa seule préoccupation: s’amuser. Ce qui n’a pourtant pas empêché l’auteur de faire de nombreuses recherches sur les religions, la politique et l’histoire, question d’étoffer son récit.

Martin le Ninja n’est pas sans rappeler la série Dragon Ball d’Akira Toriyama dans sa fougue, avec en prime des accents — et quelques jurons — du terroir.

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You’re All Just Jealous of My Jetpack
Édition Drawn & Quarterly

Cet hilarant album contient 150 strips tirés de huit années de publication hebdomadaire dans les pages du journal anglais The Guardian. D’une redoutable économie picturale, Tom Gauld réussit à créer de purs joyaux en nous donnant à voir une réinterprétation de Tintin par Samuel Beckett, quelques chapitres perdus de Germinal d’Émile Zola et d’innovantes reprises de Shakespeare (dont Le roi Lear on ice). Que du bonheur!

Machine Gum
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À l’instar des distributrices de gommes ballounes de notre enfance, les courts récits muets mettant en scène un petit robot sont autant d’excitantes surprises à chaque coup. La Pastèque consacre enfin à l’œuvre de l’artiste ontarien, d’abord autoéditée et vendue par l’auteur via son site web, un bel objet. Que du bonheur aussi!

Cachés
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Édition La Boîte à bulles

Tous les mercredis, l’auteure tient un atelier d’art destiné à des personnes handicapées. C’est par l’art qu’elle amènera patiemment ces êtres en marge à se dévoiler. D’une candeur et d’une sensibilité déconcertantes.

Sganarelle et Martin le Ninja, outre leur truculence, ont ceci en commun: l’imposture imposée. Car si le personnage de Molière doit personnifier un docteur alors qu’il ne connaît pas un traître mot de latin, celui de David Therrien, comptable de métier, devient bien malgré lui ninja.

L’homme de chiffres, trentenaire ronflant de surcroît, se fait recruter par un démon afin de combattre le mal. La grisaille quotidienne vire rapidement au rouge de l’enfer. Les sbires de Lucifer, barbares et zombies, rendent la vie bien difficile à l’aspirant ninja, pour le plus grand plaisir des lecteurs.

Autoédition

Lancée en décembre 2010, cette série autopubliée de sept numéros à ce jour — un huitième est en préparation pour le prochain ComicCon de Montréal — est distribuée dans plus d’une quinzaine de points de vente au Québec, dont Studio 9, La Boîte à BD et Millenium.

David Therrien a choisi le dur chemin de la consigne et de l’autoédition par désir de liberté créative, mais aussi parce que l’auteur, de son propre aveu, est peu patient. «Courtiser des éditeurs, attendre ensuite de leurs nouvelles, très peu pour moi. Et puis, l’idée de me faire imposer une censure ne m’intéresse en rien», explique l’artiste originaire de Sainte-Sophie.

Auteur de son époque, il mène la promotion de sa série sur les médias sociaux, participe à de nombreux événements, développe des produits dérivés, dont une statuette d’Azazel, le petit diable qui recruta Martin. Ce ne sont pas les idées qui manquent pour Martin le Ninja, mais le temps et l’argent.

«J’ai du matériel pour une trentaine de numéros. Si j’en avais les moyens financiers, je publierais un numéro par mois. Alors que plusieurs investissent dans un cinéma maison, moi, j’imprime des bandes dessinées!»

Le graphiste à la pige a fait la rencontre déterminante du libraire Jean Marquis, propriétaire de La Boîte à BD à Laval. Ce dernier a tellement aimé ce qu’il a lu qu’il a proposé au créateur de le soutenir financièrement en produisant notamment une compilation des cinq premiers numéros en un seul album. Ils ont ensuite collaboré à la création d’une nouvelle série, Pierre et la pierre.

Le Plaisir et rien d’autre

Le malin plaisir que prend David Therrien à animer son ninja de papier est contagieux. Sa seule préoccupation: s’amuser. Ce qui n’a pourtant pas empêché l’auteur de faire de nombreuses recherches sur les religions, la politique et l’histoire, question d’étoffer son récit.

Martin le Ninja n’est pas sans rappeler la série Dragon Ball d’Akira Toriyama dans sa fougue, avec en prime des accents — et quelques jurons — du terroir.

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