/entertainment/shows
Navigation
Culture et médias

Gabriel Nadeau-Dubois en colère

Coup d'oeil sur cet article

Le 13 juin, le spectacle d’ouverture des Francofolies sera consacré à Félix Leclerc. Sauf que l’hommage présenté ce soir-là ne sera pas du tout «rassembleur».

Le 13 juin, le spectacle d’ouverture des Francofolies sera consacré à Félix Leclerc. Sauf que l’hommage présenté ce soir-là ne sera pas du tout «rassembleur».

Cet hommage, qui aurait dû être une fête pour tous les Québécois qui aiment Félix, est récupéré à des fins partisanes et pro carrés rouges.

Le metteur en scène Dominic Champagne a demandé à Gabriel Nadeau-Dubois, ex-porte-parole de la CLASSE, de lire le texte de L’Alouette en colère.

Reprendre cette chanson, que Leclerc a écrite pour dénoncer les lois des mesures de guerre de 1970, et la faire lire par un leader étudiant qui n’a jamais dénoncé la violence, c’est un cas de récupération politique qui me met vraiment en colère.

FÉLIX AURAIT-IL ÉTÉ ROUGE?

«J’ai un fils écrasé/Par les temples à finances/Où il ne peut entrer.»

En 1972, Leclerc faisait référence aux Canadiens français incapables d’obtenir des postes de direction dans les entreprises. Pas à des étudiants qui s’opposent à une augmentation de frais de scolarité de 50 cents par jour.

«J’ai un fils révolté/Un fils humilié/J’ai un fils qui demain/ Sera un assassin». Leclerc faisait référence aux militants du FLQ qui avaient choisi la violence, une chose que Leclerc lui-même n’a jamais cautionnée. Alors que Gabriel Nadeau-Dubois a déclaré aux Francs-Tireurs que s’il n’avait pas dénoncé certains actes de violence, c’était uniquement par peur de perdre son poste de porte-parole de la CLASSE.

«Le gros voisin d’en face/Est accouru armé/Pour abattre mon fils». Ici, Leclerc faisait référence à l’intervention de l’armée canadienne et à l’arrestation arbitraire d’environ 450 personnes. Pas à la loi 78.

Dans sa chanson, Félix Leclerc parle de son fils en colère. Pourquoi Dominic Champagne n’a-t-il pas invité à son spectacle un étudiant en colère de ne pas avoir pu participer à ses cours en 2012? Une étudiante en colère de voir ses profs lui bloquer l’entrée de son CÉGEP? Ou un étudiant en colère de voir Nadeau-Dubois refuser de respecter une injonction?

Au printemps 2012, la colère des Québécois était bien représentée, des deux côtés. Mais en choisissant un carré rouge pour porter la parole de Félix Leclerc, Dominic Champagne associe le poète malgré lui à une cause, dont personne ne sait s’il l’aurait appuyée ou pas.

PAYER DEUX FOIS POUR LA CULTURE

Sur un autre sujet, Pauline Marois a reçu hier le Rapport Bourgie sur la philanthropie culturelle. Un rapport qu’elle avait commandé pour comprendre pourquoi les Québécois donnent si peu à la culture et comment on peut les encourager à donner plus.

Vous voulez que je vous dise? Le contribuable québécois est un des plus imposés en Amérique du Nord. Quand il paye ses impôts chaque année, il s’attend à ce que le gouvernement, lui, finance la culture. C’est ça le contrat qu’on passe avec notre ministère de la Culture. On lui donne 630 millions de notre argent pour qu’il le distribue aux artistes et organismes qui en ont besoin.

Avec le peu d’argent qui lui reste dans ses poches, le citoyen moyen n’a peut-être pas envie de donner à nouveau des sous à des artistes ou des organismes culturels, qu’il a déjà financés par le biais des subventions.

Ce serait comme payer deux fois pour le même service.

Commentaires