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Éducation | Laval

Otages du transport

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Forcées de diminuer leurs dépenses, de plus en plus de commissions scolaires réduisent les budgets de transport, obligeant ainsi leurs élèves à se lever aux aurores pour se rendre à l'école.

Alors que les vacances se profilent, des parents angoissent déjà à la perspective du retour en classe. L’automne prochain, les élèves de l’école primaire Val-des-Arbres, à Laval, commenceront leurs cours à 7 h 45 au lieu de 8 h 40.

Cette heure de moins provoque l’ire des parents, déjà coincés dans une routine familiale serrée.

«On la coupe où, cette heure-là? Dans le peu de temps familial qu’on a ensemble le soir? Dans les heures de sommeil? Ma fille sera super fatiguée. On essaie de faire une conciliation travail-famille la plus cohérente possible, mais l’école ne nous aide pas du tout», dénonce Sylvain Martel, dont la fille Yamila fréquente la maternelle de l’école.

«L’école terminera à 14 h 30. Il y a beaucoup de parents qui ne pourront pas être à la maison pour accueillir leur enfant. On dit quoi, au travail?»

L’école Val-des-Arbres n’est pas un cas unique. À la Commission scolaire de Laval, 19 autres établissements ouvrent leurs portes à 7 h 45.

Selon le porte-parole Jean-Pierre Archambault, la construction de nouvelles écoles, l’augmentation de la clientèle et la nécessité de «gérer sainement les dépenses publiques» obligent la commission scolaire à réorganiser constamment son système de transport.

«C’est sûr que nous aimerions que l’horaire des écoles primaires soit le plus optimal possible, pour limiter les contraintes familiales. Mais on doit organiser au mieux le transport scolaire», dit-il.

Des coupures partout

Pour économiser, des commissions scolaires organisent plusieurs trajets pour un seul autobus. Les premiers élèves à être transportés doivent donc être pris en charge très tôt pour que l’autobus réussisse à effectuer tous ses trajets dans un délai raisonnable.

Cette façon de fonctionner est de plus en plus courante, confirme l’Association du transport écolier du Québec (ATEQ).

«On remarque que plusieurs commissions scolaires commencent à faire des économies à droite et à gauche en raison des restrictions budgétaires. Par exemple, un seul autobus va desservir trois écoles au lieu d’une seule.

«Ça coûte moins cher, mais c’est sûr que cela a un impact sur l’horaire des cours», explique le porte-parole Luc Lafrance. La Fédération québécoise des directions d’établissement, qui représente plusieurs directeurs d’école, observe aussi le même phénomène.

«On essaie de rationaliser le transport afin de ne pas couper dans les services aux élèves, mais ça finit par avoir un impact quand même sur l’enfant.

«Certains élèves prennent l’autobus à 7 heures le matin et les parents viennent les chercher à 18 heures au service de garde. Ce sont des journées beaucoup trop longues», estime la présidente Lorraine Normand-Charbonneau.

Parents pris à la gorge

Pendant ce temps, plusieurs parents se sentent pris à la gorge. Dans une lettre |envoyée à la Commission scolaire de Laval, un père qui vit la garde partagée a fait part de son désarroi.

Il affirme revenir à la maison à 18 h, réussissant à peine à coucher ses deux garçons de 9 et 7 ans à une heure ­raisonnable pour qu’ils bénéficient d’une nuit normale.

«Avec l’avènement de ce nouvel horaire, je crains de ne pas réussir à tout inclure dans la routine de la semaine. Une heure aussi matinale implique de coucher les ­enfants beaucoup plus tôt et je ne vois pas où je dois couper pour maximiser mon temps avec mes enfants. Dois-je couper dans le temps alloué aux devoirs et leçons? Les bains?» s’inquiète-t-il.

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