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Plagiat

Bombardier blanchie par son éditeur

Bombardier blanchie par son éditeur
Photo d’archives Denise Bombardier

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Denise Bombardier a reçu le jugement dans la nuit de jeudi à vendredi. La justice française a condamné les éditions Fayard de plagiat pour Ne vous taisez plus!, un livre signé par l’auteure québécoise et Françoise Laborde.

Contrainte au silence depuis l’annonce des allégations, Denise Bombardier peut enfin remettre les pendules à l’heure: les accusations qui pesaient contre l’ouvrage concernaient seulement la portion écrite par son acolyte.

En entrevue au Journal de Montréal, la romancière et journaliste raconte avoir eu une longue conversation avec son éditeur parisien.

«Il sait très bien que je n’ai rien à voir avec ce qui a été écrit par ma coauteure», déclare-t-elle.

Écrit après l’affaire Dominique Strauss-Kahn pour dénoncer le machisme dans l’Hexagone, Ne vous taisez plus! est sorti en librairie à l’automne 2011. Denise Bombardier et Françoise Laborde y comparaient les réactions de leurs cultures respectives devant le geste sexuel posé par l’ancien président du Fonds monétaire international auprès d’une femme de chambre à New York.

Les soupçons de plagiat sont nés en février 2012, quand Henri Maler, maître de conférences en science politique à l’Université de Paris, a comparé des extraits de l’essai avec ceux d’un article signé par Claire Levenson, une journaliste new-yorkaise. Paru sur Slate.fr en juin 2011, le papier de l’Américaine avait profité d’une reproduction autorisée dans Un troussage de domestique, un livre publié aux Éditions Syllepse à l’été 2011.

« Extrêmement choquée »

Denise Bombardier se dit «extrêmement choquée et triste» d’avoir fait confiance à Françoise Laborde, qu’elle considérait comme une amie.

«Je n’aurais jamais pu m’imaginer qu’une personne que je connais, une ex-présentatrice du journal télévisé sur France 2, puisse faire une telle chose, note-t-elle. Je suis renversée de voir ce qui est arrivé.»

«Elle n’a pas donné ses sources! ajoute Denise Bombardier. Elle n’a pas dit qu’elle avait pris ça sur un site Internet...»

L’auteure de 72 ans ne craint pas qu’une telle histoire nuise à sa réputation. «Je n’ai jamais rien eu à cacher. Ma réputation est sans tache», affirme-t-elle.

Finies les collaborations

De toute cette histoire, Mme Bombardier tire une leçon. «Je n’écrirai plus de livres avec quelqu’un d’autre!» s’exclame-t-elle avant d’indiquer qu’en France, les affaires de plagiat sont monnaie courante.

«Là-bas, ce sont des choses qui arrivent fréquemment. C’est incroyable!»

«Mais on ne donnera pas de leçon d’éthique et de corruption aux Français», conclut-elle en clin d’œil aux révélations de la commission Charbonneau.

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