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Éduquer pour changer d’air

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Éduquer pour changer d’air

Photo courtoisie

Catherine Potvin, biologiste à l’Université McGill, spécialiste de la déforestation. On la voit ici sur son terrain de recherche dans la forêt tropicale, au Panama.

Après avoir passé 20 ans au cœur de la forêt tropicale, une biologiste de l’Université McGill mondialement connue pour ses travaux sur la déforestation et la qualité de l’air revient au Québec pour sortir la science des laboratoires.

Catherine Potvin est littéralement tombée amoureuse du Panama en 1993. Depuis, cette fille d’agriculteurs québécois qui avait pourtant une peur bleue des tropiques, et surtout des serpents, s’est installée à mi-temps dans la jungle de ce petit pays d’Amérique centrale.

Mais la naissance de sa première petite-fille l’an dernier, à Montréal, et le Plan Nord, l’ont poussée à s’impliquer davantage au pays.

«Je veux voir grandir ma petite fille et lui laisser en héritage plus qu’un nom. Je ne veux pas qu’elle passe sa vie à régler des problèmes que ma génération aura causés», explique la Dr Potvin.

La Banque mondiale prévient que, d’ici la fin du siècle, la température aura augmenté de 4 ºC si rien n’est fait à l’échelle internationale pour lutter contre les changements climatiques.

Cela «déclencherait une cascade de changements cataclysmiques (...) frappant des centaines de millions de gens», insiste la chercheuse.

Éducation populaire

Quand la Banque mondiale s’en mêle, il y a de quoi s’inquiéter, souligne la Dre Potvin.

Caméra au poing, elle a donc décidé d’emmener le grand public au cœur de son laboratoire, en forêt, pour expliquer la dynamique des changements climatiques et leurs impacts sur les écosystèmes.

La biologiste a ainsi lancé une série de vidéos sur Internet pour alimenter le débat sur les conséquences environnementales de l’exploitation des ressources, que ce soit les gaz de schiste, les forêts ou les mines. Elle veut montrer aux gens qu’il est encore possible de sauver le monde.

«On n’entend que des choses apocalypti­ques sur les changements climatiques. Les gens sont découragés, ils se disent qu’on ne peut rien faire, mais c’est faux.»

Volonté politique

Technologiquement, nous avons tout pour éviter ce scénario catastrophe, estime la Dre Potvin. «Il ne manque que la volonté politique d’agir», martèle-t-elle.

Elle n’a toutefois jamais eu une oreille attentive de la part des décideurs d’ici. «Comme professeure, je n’ai jamais eu la chance d’être écoutée par aucun gouvernement ici», déplore-t-elle.

Le scénario est tout autre au Panama, où la chercheuse, très impliquée auprès des communautés locales, a été conseillère et négociatrice sur les changements climatiques auprès du gouvernement.

Ses efforts pour la conservation de la biodiversité panaméenne ont d’ailleurs été salués l’année dernière puisqu’elle a été la première femme à recevoir la prestigieuse médaille Miroslaw-Romanowski. Ce prix souligne une contribution scientifique majeure dans la résolution de problèmes environnementaux.

Biodiversité hors du commun

Bien que 100 fois plus petit que le Canada, le Panama compte 3 fois plus de plantes vasculaires (des végétaux composés d’une tige, de racines et de feuilles). Il compte plus d’espèces de plantes par hectare que toutes les régions du monde.

► 10 000 espèces de plantes

► 957 espèces d’oiseaux

► 259 espèces de mammifères

► 229 espèces de reptiles

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