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Vidéo | Drogue

Une vidéo montrant des détenus qui «cuisinent» du crack à Bordeaux

Une vidéo réalisée par des détenus de Bordeaux a été mise en ligne sur YouTube

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Des détenus de la prison de Bordeaux se sont filmés en train de préparer du crack, poussant l’audace jusqu’à s’afficher sur YouTube.

Des détenus de la prison de Bordeaux se sont filmés en train de préparer du crack, poussant l’audace jusqu’à s’afficher sur YouTube.

La vidéo de trois minutes avait été visionnée par près de 400 internautes, depuis le 2 mai dernier, lorsqu’elle a été retirée de ce site, hier, peu après que Le Journal eut interrogé le ministère de la Sécurité publique du Québec à ce sujet.

La scène a été immortalisée dans l’aile de détention E, réputée pour être sous le contrôle des membres de gangs de rue d’allégeance bleue tel le Crack Down Posse, à une date indéterminée.

On y voit un prisonnier faisant chauffer un mélange de cocaïne, de bicarbonate de soude et d’eau — qui, une fois séché en petites roches, devait être fumé par des détenus. Pendant que le mélange frémit au-dessus de la flamme, on entend quelqu’un s’assurer qu’il n’y a pas de gardien dans les parages.

Endetté tabassé

La scène est vraisemblablement filmée à l’aide d’un téléphone intelligent, dont la possession est pourtant interdite à l’intérieur des murs. Sur les images, on voit un autre détenu que le vidéaste, en train de photographier cette drogue baptisée «la ‘coke’ des pauvres».

Après ce pied de nez aux autorités carcérales, le dernier segment de la vidéo s’adresse aux consommateurs de crack endettés.

L’action se transporte alors dans une toilette où un détenu se fait servir une raclée jusqu’à ce qu’il promette de payer ses doses.

Les services correctionnels «sont en train de procéder à des vérifications» pour tenter d’identifier les détenus en cause, selon Clément Falardeau, porte-parole du ministère de la Sécurité publique.

«Selon le résultat de l’enquête, il pourrait y avoir une plainte policière, ainsi que des mesures disciplinaires si ces personnes sont toujours détenues à l’établissement de Montréal.»

Message à passer

Selon le criminologue Jean-Claude Bernheim, président de l’Office des droits des détenus, cette sortie sur internet montrant qu’on peut fabriquer du crack dans une prison québécoise est l’oeuvre d’une «organisation bien structurée», qui veut «faire passer un message».

Mais comme «l’information circule vite en prison», M. Bernheim s’est étonné que des gangs puissent obtenir «ce type de drogue là en contrebande, sans que le personnel ni l’administration le sachent».

L’aile E abrite 200 détenus purgeant une peine. C’est là que se trouve la buanderie de la prison qui, d’après nos informations, est considérée comme une porte d’entrée à la contrebande de drogue. La SQ y a saisi un kilo et demi de haschisch caché dans un camion rapportant des draps propres, à la fin mai.


• En février 2008, l’ex-gardienne Alice English a écopé cinq ans de pénitencier pour avoir introduit 110 roches de crack, du haschisch et de la marijuana dans cette prison.

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