Weekend | Cinéma

La conjuration

De la réalité à la fiction

Isabelle Hontebeyrie

Publié le: | Mise à jour:

Enquêteurs du paranormal, Ed et Lorraine Warren travaillent à aider une famille terrorisée par une sombre présence sur une ferme. Confrontés à une puissante entité, les Warren se retrouvent pris au centre de leur cas le plus terrifiant de leurs vies.

Canoë Cinéma

Inspiré de faits réels, La conjuration ouvre le Festival Fantasia de Montréal le 18 juillet prochain en présence de la jeune comédienne Joey King, récemment vue dans Maison-Blanche en péril. Pleins feux sur la manière dont le réalisateur James Wan et les scénaristes Chad et Carey Hayes ont habilement mêlé faits vécus et inventés.

  1. Le cinéaste et les frères Hayes ont eu accès à 4000 dossiers d’enquêtes d’Ed et de Lorraine Warren, les experts de phénomènes paranormaux, appelés en renfort par les Perron, une famille persuadée que sa maison est hantée. «Mon objectif était d'intégrer certaines des choses les plus folles [que les Warren] avaient vécues dans leur vie, tout en restant fidèle à l'histoire de cette famille en particulier. Nous avons puisé beaucoup d'inspiration à partir des souvenirs des Perron. Je trouvais que c’était encore plus effrayant de montrer la peur à travers le regard de professionnels, tout en conservant la perspective d’une famille qui n’a aucune notion de ce que sont les phénomènes paranormaux», a indiqué James Wan.
  2. Lorraine Warren a beau avoir 86 ans, elle se souvient encore de la demeure des Perron. «C’est une vieille maison. Une très très vieille maison. Certaines familles peuvent emménager dans des endroits où il se produit de tels phénomènes sans en être affectés alors que d’autres, dès qu’elles y mettent les pieds, c’est l’enfer qui se déchaîne! Les Perron n’étaient pas du tout le genre de personnes à entrer en contact avec des entités ou à s’amuser avec des ouijas.»
  3. Pendant l’écriture du scénario, les frères Hayes appelaient souvent Lorraine Warren. Leurs conversations téléphoniques étaient souvent coupées de manière mystérieuse et la ligne était pleine de friture... des phénomènes que Lorraine attribue à la lutte du bien contre le mal.
  4. Roger Perron et ses cinq filles sont venus sur le plateau de tournage. Carolyn Perron, par contre, n’a pas souhaité s’y rendre, les souvenirs de ce qu’il lui est arrivé étant encore trop pénibles. «Je ne suis jamais même retournée dans la maison. Je ne veux pas que cette chose puisse me toucher», a-t-elle confié.
  5. Certains incidents inexplicables se sont produits pendant le tournage. Le plus mémorable? Un après-midi, alors que son mari et ses filles étaient sur le plateau, Carolyn a ressenti cette fameuse présence. Elle a trébuché et s’est blessée suffisamment sérieusement pour être conduite à l’hôpital. Simultanément, la maison construite sur le plateau était battue par un vent violent, alors que les arbres étaient parfaitement immobiles.
  6. Le producteur Rob Cowan a indiqué que ce qui est arrivé aux Perron a été l’occasion pour les Warren de s’apercevoir qu’il fallait qu’ils dédient leurs vies à l’étude des phénomènes paranormaux. «Cette histoire est vraiment la genèse de la carrière des Warren. Le film montre leurs questionnements et leurs doutes quant à leurs habiletés particulières. Et c’est en sauvant cette famille qu’ils réalisent que c’est ce qu’ils doivent faire du restant de leurs vies.»
  7. James Wan a choisi de tourner La conjuration de manière chronologique.
  8. Les scènes d’exorcismes ont été recréées d’après les archives des Warren et les souvenirs de Lorraine.
  9. C’est en effectuant des repérages le long de la Black River que John R. Leonetti, le directeur photo, a eu l’idée d’ajouter un arbre près de la maison, sa forme ajoutant encore plus à la menace qui pèse sur les Perron.
  10. Tous les acteurs ont eu, à un moment ou à un autre, un petit moment de peur à cause du réalisme du décor. Le réalisateur James Wan, lui, a été effrayé chez lui, quand son chien s’est mis à gronder en fixant un point de la pièce dans lequel il n’y avait rien de particulier. «C’est à ce moment-là que j’ai réalisé que l’ambiance du film m’affectait», a-t-il souligné.
  • La conjuration, nouveau film d’épouvante, sera dans les salles du Québec le 19 juillet.

 

Un plateau paranormal

 

SAN FRANCISCO | Vera Farmiga ne croyait pas aux fantômes... jusqu’à ce que des événements pour le moins étranges se produisent sur le plateau de La conjuration.

L’actrice, qui incarne Lorraine Warren, une voyante célèbre, s’est rappelé avoir été effrayée par des traces étranges qui sont apparues sur son ordinateur portable après sa première conversation avec le réalisateur James Wan.

«Après avoir raccroché le téléphone, j’ai ouvert mon ordinateur et j’ai vu trois marques, qui ressemblaient à des griffures, sur l’écran», a-t-elle dit.

«Il y a quelque chose en moi qui refuse de rentrer là-dedans et qui s’est empressé de rejeter toute implication “surnaturelle”. Oui, bien sûr, j’ai enregistré mentalement l’information, mais j’ai rejeté toute négativité.»

Lors de l’entrevue au prestigieux Ritz Carlton de San Francisco, Vera Farmiga combattait un rhume et croquait des pastilles contre la toux comme s’il s’agissait de bonbons. Tout en racontant cette histoire, l’actrice de 39 ans — qui s’est attiré des critiques favorables en jouant Norma Bates dans Bates Motel — a sorti son iPhone pour me montrer une photo prise le lendemain de la fin du tournage.

C’est un gros plan de l’une de ses cuisses, sur laquelle on voit trois grosses griffures rouges. Elle a expliqué qu’elle a vu les marques en se réveillant ce matin-là et qu’elle a trouvé qu’elles ressemblaient à celles de son ordinateur, apparues des mois plus tôt.

«J’ai probablement prié et ensuite, j’ai décidé d’ignorer [ce qui s’était produit]. Laisser une telle chose vous atteindre, c’est lui donner du pouvoir. Je l’ai donc rejetée», a-t-elle confié.

Garder une ambiance légère

La conjuration se déroule au début des années 1970 et s’inspire de la rencontre entre Lorraine Warren et son mari, Ed, un spécialiste des démons, avec Carolyn et Roger Perron, un couple qui a toujours soutenu que leur maison du Rhode Island était hantée. Les Warren ont ensuite décrit ce qui s’était produit comme l’une des affaires les plus dangereuses et effrayantes sur lesquelles ils n’aient jamais travaillé.

D’autres incidents étranges se sont produits sur le plateau de Wilmington, en Caroline du Nord, mais les acteurs et les membres de l’équipe de La conjuration ont fait de leur mieux pour maintenir une ambiance légère afin de contrebalancer la lourdeur du sujet.

«Il y avait plein d’enfants sur le plateau», a indiqué Vera Farmiga, en faisant référence aux cinq jeunes actrices incarnant les filles des Perron.

«Nous devions les protéger! Regardez la manière dont elles jouent... ce sont des prestations extraordinaires. Elles se sont tellement immergées dans leurs rôles que nous devions absolument les en sortir. Nous devions nous assurer qu’elles aient du bon temps et nous avons passé des heures à nous amuser avec elles.»

Pour son rôle, Vera Farmiga a passé des heures à regarder des archives d'enquêtes ainsi que des entretiens avec les Warren, qui sont considérés comme des pionniers de l’étude des phénomènes paranormaux.

Rencontre

Avec sa covedette Patrick Wilson — qui incarne Ed —, Vera Farmiga est allée en Nouvelle-Angleterre pour rendre visite à Lorraine Warren, Ed étant décédé.

L’actrice a indiqué qu’elle ne savait pas comment Lorraine Warren allait réagir au fait de voir deux comédiens sur le pas de la porte, mais a souligné que la voyante de 86 ans avait été enthousiaste.

«Elle possède une telle grâce! C’est d’ailleurs une grande contradiction. Si elle a fait face à tant de négativité d’une manière aussi profonde, son caractère n’a pas été affecté. En fait, j’ai l’impression que ça l’a poussé vers la sainteté et la positivité et c’est ce que j’adore chez elle.»

L’horreur est loin d’être le genre préféré de Vera Farmiga, mais elle a dit avoir été fascinée par le scénario de Chad et Carey Hayes.

«L’horreur n’est pas un genre pris au sérieux. Donc quand je lis quelque chose qui remet en question ma spiritualité — et c’est rare — en plus de mes émotions et de mon intellect, c’est quelque chose d’exceptionnel.»

Si le réalisateur James Wan est connu pour être l’un des créateurs de la franchise ultra sanglante Décadence, La conjuration doit plus au suspense et aux frissons qu’aux litres de sang.

«Mon approche est la même, quel que soit le rôle. Que ce soit pour la télévision ou le cinéma, quelle que soit l’histoire, j’ai besoin d’un personnage qui aborde un aspect de la complexité féminine. C’est tout ce qui m’importe.»

 

- Lisa Wilton

Un plateau paranormal

photo Courtoisie

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