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Réal Bossé

«Sauvons la LNI»

Un cri du cœur de Réal Bossé

«Sauvons la LNI»
Photo d’archives Avec 16 saisons à son actif, Réal Bossé est le doyen de la LNI. Il se souvient avoir été happé et bouleversé la première fois qu’il a vu à la télé ces gens qui s’affrontent en se racontant des histoires.

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La ligue nationale d’improvisation célèbre cette année ses 35 ans d’existence, mais son avenir n’a jamais été aussi précaire. Alors qu’il s’apprête à monter sur la scène Vidéotron ce soir pour un match soulignant cet anniversaire, Réal Bossé nous a confié tout son amour pour ce sport qu’il ne veut jamais voir disparaître.

La ligue nationale d’improvisation célèbre cette année ses 35 ans d’existence, mais son avenir n’a jamais été aussi précaire. Alors qu’il s’apprête à monter sur la scène Vidéotron ce soir pour un match soulignant cet anniversaire, Réal Bossé nous a confié tout son amour pour ce sport qu’il ne veut jamais voir disparaître.

Fondé en 1977 par Robert Gravel et Yvon Leduc, la Ligue nationale d’improvisation peine encore à trouver du financement, 35 ans plus tard et n’a toujours pas de salle pour installer sa patinoire de façon permanente. «La LNI mériterait d’avoir une salle et une meilleure reconnaissance de l’État», soutient Réal Bossé. Le comédien et auteur de la série 19-2 a fait ses débuts dans la ligue en 1995. «95% de tous les talents qu’on connaît, qui ont en bas de 50 ans et qui font de la scène aujourd’hui, ont passé par la LNI, dit-il, et tous ces gens ont découvert leur talent en passant par-là.» Réal Bossé parle en toute connaissance de cause. Celui que l’on a connu dans Ces enfants d’ailleurs serait devenu ingénieur s’il n’était jamais tombé par hasard sur des camarades de classe qui faisaient de l’impro lorsqu’il était au cégep.

Êtres créateurs

Le comédien va plus loin et parle de son sport comme d’un remède au cynisme. «Ma mère m’a appris à tricoter, à tisser, à coudre. Ces choses m’empêchent de déprimer et d’aller voir un psy. Je ne suis pas dépossédé de ce qui se passe dans ma vie parce que j’en suis le premier créateur et la LNI, c’est un moment de création», dit-il émotif et passionné. Selon lui, il est grand temps de se remettre en mouvement. «C’est pour ça qu’on est malheureux, c’est parce qu’on a oublié qu’on a un cerveau créateur et qu’il faut s’en servir. On est constamment pris en charge. On est des marionnettes en désespoir de mains», affirme Réal Bossé. À 51 ans, il se demande comment on a pu se laisser aller à ce point. «Tu ne peux pas être heureux si tu n’as jamais planté un arbre, lu un livre, écrit un poème, aidé une vieille femme à traverser la rue. Meurs pas épais. Meurs pas sans avoir fait quelque chose», implore-t-il.

Ce cri du cœur, Réal Bossé le lance parce qu’il est convaincu que la ligue est un lieu ultime de création. «Quand on fait de l’impro, on est interprète, metteur en scène et auteur à la fois. On bâtit une histoire, des personnages, on les transforme, raconte-t-il. C’est grâce à ça que je suis capable d’écrire des histoires comme celle de 19-2. Faire un match d’impro devant 500 personnes et écrire une série qui est regardée par tout le Québec, c’est la même chose, c’est le même ti-cul qui trippe», dit-il.

Le maître et l’apprenti

La première improvisation à laquelle Réal Bossé s’est adonné aux côtés de Robert Gravel, le comédien s’en souvient encore. «Il jouait un peintre qui ne peignait plus et moi j’étais son nègre. J’adorais son travail et comment il représentait l’humanité. Mais, voyant que j’avais plus de talent que lui, il me demandait de peindre en son nom», raconte-t-il. Robert Gravel est décédé l’année suivante. Des années plus tard, Réal comprend qu’il y avait une part de vérité dans cette improvisation, mais il aime mieux ne pas y penser. «Est-ce qu’il est possible de l’égaler? La question ne se pose pas. Robert Gravel, il était dans cette classe de gens-là.»

Ce que Réal Bossé voudrait vraiment savoir c’est: à quand un financement solide pour la LNI? À quand une salle?


• La LNI présente ce soir un match d’impro spécial 35 ans sur la scène Vidéotron de la Place des festivals, dans le cadre du Festival Juste pour rire.

• Le spectacle a lieu ce soir à 21h.

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