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UQAM | Appel d’offres

C’est le «Far West» dans le marché de l’informatique

Pierre Salbaing
©  Photos Jean-Nicolas Blanchet
Pierre Salbaing est de moins en moins intéressé à participer aux appels d’offres publics dans un tel contexte.

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Un appel d’offres de l’UQAM est qualifié de «bidon» et de «dirigé» par des joueurs de l’industrie, qui disent en avoir plein le dos de certaines pratiques observées dans le milieu informatique au Québec.

Un appel d’offres de l’UQAM est qualifié de «bidon» et de «dirigé» par des joueurs de l’industrie, qui disent en avoir plein le dos de certaines pratiques observées dans le milieu informatique au Québec.

Affirmant vouloir faire tomber «un système bien établi», des représentants de sept entreprises en informatique ont dénoncé à notre Bureau d’enquête des pratiques de «Far West», selon leur propre expression.

Selon eux, les règles du jeu sont empoisonnées par trop de pratiques douteuses devenues coutumes dans les processus d’appel d’offres.

«Il faut commencer à s’intéresser à l’apparence de concentration des contrats dans les mains de quelques joueurs dans le domaine», estime Pierre Salbaing, dirigeant de l’entreprise Avance service réseaux et porte-parole du groupe d’entreprises exaspérées (voir autre texte).

«Il faut que ça arrête, dit-il, c’est le Far West.»

L’appel d’offres qui leur sert d’exemple doit se terminer demain (mercredi) et vise la modernisation des infrastructures réseaux informatiques de l’UQAM. Il s’agit d’une belle illustration de tout ce qu’il ne faut pas faire, selon eux:

√ Les multiples clauses restrictives (voir tableau) ne permettront qu’à deux entreprises de participer à l’appel d’offres, soit Telus et Bell.

√ Bien que le gouvernement demande à ses organismes de morceler ses contrats, l’UQAM en présente un seul énorme, bon pour cinq ans et évalué à 13 M$.

√ Non seulement le montant du contrat est déjà estimé par l’UQAM, mais le fournisseur des produits est aussi choisi, soit Cisco et rien d’autre. Le soumissionnaire est donc forcé d’être un revendeur des équipements Cisco, même si une demi-douzaine d’autres technologies équivalentes et parfois moins coûteuses existent.

Ne pas exiger l’exclusivité Cisco permettrait à des entreprises de réaliser ce contrat pour moins de 7 millions, assurent des entreprises consultées, donc 6 M$ de moins.

Un ancien de Cisco

Par ailleurs, notre Bureau d’enquête a appris que le directeur des services réseaux de l’UQAM, Daniel Girard, qui a participé à l’élaboration de l’appel d’offres et de l’imposition de Cisco, a été à l’emploi de Cisco durant au moins cinq ans par le passé.

Notre Bureau d’enquête a sollicité une entrevue avec M. Girard, mais l’UQAM a finalement délégué son vice-recteur responsable, Louis Martin (voir autre texte).

Cisco était déjà bien implantée à l’UQAM bien avant l’arrivée de Daniel Girard à l’UQAM, a fait savoir le vice-recteur, hier (voir autre texte).

Dés pipés ?

Le 26 novembre 2012, l’UQAM a effectué une rencontre avec des joueurs de l’industrie afin de préparer la rédaction de son appel d’offres.

Deux témoins qui étaient présents à cette rencontre nous ont affirmé que Daniel Girard avait alors déjà indiqué qu’il allait choisir la technologie Cisco.

Lorsqu’un compétiteur l’a questionné en lui mentionnant que d’autres solutions pouvaient coûter moins cher, celui-ci a répondu, selon les témoins, que les besoins étaient déjà définis.

Ceux-ci disent alors avoir vite compris que «tout était déjà réglé».

√ Les étudiants ont dénoncé, au printemps érable, la mauvaise gestion des administrations universitaire. Soulignons que la hausse des frais de scolarité prévue par le gouvernement libéral aurait rapporté 5,35 M$ à l’UQAM en un an. Les contestataires de l’appel d’offres croient que l’UQAM aurait économisé près de 6 millions de dollars en acceptant des technologies équivalentes à Cisco.

 

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