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Le courrier

À la défense de la liberté d’expression

Sun Media respecte le processus judiciaire et ses participants

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Pour Le Journal de Montréal et pour Le Journal de Québec, le principe de la liberté d’opinion est fondamental.

La Cour supérieure du Québec, sous la plume de l’Honorable Eva Pétras, a rendu jugement le 6 août 2013 dans une affaire opposant d’une part Gesca ltée et d’autre part, Corporation Sun Media, Canoë inc. et Sophie Durocher. Celui-ci a été amplement commenté sur les réseaux sociaux et a fait l’objet d’un battage important par les médias concurrents. Ce jugement dispose des prétentions de Gesca ltée à l’effet que celle-ci aurait été l’objet de diffamation par notre chroniqueuse lorsqu’elle a prétendu que les représentants de la Société Radio Canada avaient, lors de l’organisation du débat des chefs de la dernière campagne électorale fédérale, fait des représentations pour le bénéfice de Cyberpresse.ca.

Le jugement conclut que cette situation n’était pas le reflet de la réalité, de telle sorte que de l’écrire emportait un élément de diffamation contre Gesca ltée, et cela bien que «le Tribunal ne croit pas que madame Durocher était de mauvaise foi. Elle a cru ce qu’elle avait écrit parce que ses sources lui ont dit et confirmé ces «faits» et elle a cru ses sources». Paradoxalement, et du même souffle, le tribunal critique sa méthode de cueillette de faits, sa motivation à écrire son texte et le moment où elle l’a écrit.

Sun Media respecte le processus judiciaire qui est le nôtre et ses participants. Nous croyons que le fait que les litiges entre personnes puissent être réglés de façon paisible et juste constitue un élément essentiel à toute démocratie. Il est cependant tout aussi important pour une saine démocratie que les journalistes, reporters et chroniqueurs puissent s’exprimer librement au moment de leur choix et utiliser des sources protégées pour informer le public.

Reconnaissant d’ailleurs que dans ce dossier, «la question de la liberté de presse et d’expression est sujette à débat, en ce qui concerne, par exemple, le rôle d’un chroniqueur par opposition à celui d’un journaliste» la Cour d’appel a ordonné dès vendredi dernier le sursis d'exécution des ordonnances nous enjoignant à nous rétracter.

C’est donc dans ce contexte que Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec s'inscrivent en appel du jugement condamnant leur chroniqueuse et eux-mêmes. À la lumière des valeurs fondamentales que sont la liberté de conscience, d’expression et de la presse, l’environnement juridique nécessaire à un journalisme dynamique et courageux doit être rétabli de façon non ambigüe. À défaut, tout commentaire d'un média sur l'autre pourra être soupçonné de malice et de mépris.

Lyne Robitaille
Vice-présidente exécutive Québec, Sun Média

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