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Signes religieux interdits

Charles Taylor fait un parallèle avec la Russie de Vladimir Poutine

Religion
© Les archives Les citoyens qui bénéficieront des services de l’État ne seront pas tenus d’afficher la neutralité religieuse, mais devront le faire à visage découvert.

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Outré par les intentions du gouvernement Marois qui souhaite interdire les signes religieux apparents dans les emplois publics, le professeur Charles Taylor n’hésite pas à faire un parallèle avec la Russie de Vladimir Poutine.

 «Il faut penser qu’on vit dans le monde occidental civilisé ! Qu’est-ce qu’on va dire dans le New York Times de ce genre de mesure qui rappelle Poutine à Moscou qui dit que vous ne pouvez pas vous afficher comme un gai ou on va vous mettre en prison! C’est un peu poutinisque !», s’insurge le coprésident de la Commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables.

 Le Journal a révélé mardi que le gouvernement péquiste veut bannir les croix ostensibles, le turban, la kippa juive et le foulard islamique non seulement des ministères et organismes publics, mais également des CPE, des écoles et des hôpitaux. Médecins, professeurs, éducatrices en services de garde, policiers, magistrats, procureurs de la Couronne devraient ainsi tous laisser leur foi à la maison. Les citoyens qui souhaitent bénéficier des services publics devraient également le faire à visage découvert, selon nos informations.

 Selon M. Taylor, si le gouvernement va dans cette voie, c’est ni plus ni moins une forme de «discrimination». «Les institutions d’un pays comme le nôtre doivent être neutres, mais les individus ne sont pas tenus d’être neutres. Ce n’est pas parce qu’on travaille pour le gouvernement qu’on doit mettre ses convictions profondes au vestiaire ! Les individus ont le droit d’être ce qu’ils veulent être, afficher ce qu’ils sont», renchérit-il, en entrevue avec Le Journal.

 La France a interdit le port de signes religieux apparents dans les services publics et dans les écoles. Charles Taylor estime qu’il ne faut surtout pas suivre l’exemple français.

 «Ça a donné des ailes à la campagne de Marine Le Pen, ça crée des haines et des soupçons entre citoyens et ça rend possible ce genre de parti comme le Front National de faire des gains. Heureusement, on a rien au Québec qui correspond au Front National et je voudrais que ça reste comme ça, que les partis ne donnent pas caution à ce genre de préjugé. C’est le genre de poison qu’une société comme la nôtre ne peut pas se permettre», insiste-t-il.

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