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Santé | Cigarettes électroniques

La e-cigarette sous le radar

Les cigarettes électroniques sont en vente libre même si elles n’ont encore reçu aucune homologation

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Bien qu’interdites par Santé Canada, les cigarettes électroniques contenant de la nicotine sont en vente libre sur internet et dans des boutiques ayant pignon sur rue à Montréal et ailleurs au pays.
Photo Le Journal de Montréal, Anne-Caroline Desplanques
Song Han, propriétaire de la boutique Vaporus sur la rue Saint-Denis, spécialisée dans la vente de cigarettes électroniques.

Bien qu’interdites par Santé Canada, les cigarettes électroniques contenant de la nicotine sont en vente libre sur internet et dans des boutiques ayant pignon sur rue à Montréal et ailleurs au pays.

«Les produits contenant de la nicotine ou se prétendant outil d’arrêt tabagique doivent recevoir une homologation pour être vendus au Canada. Jusqu’à présent, aucun de ces produits n’a reçu d’homologation», indique le directeur national de la santé publique du Québec en s’appuyant sur l’avis de Santé Canada.

Mais, rue Saint-Denis, dans le Quartier Latin, la boutique Vaporus vend une vaste gamme de cigarettes électroniques et des recharges avec ou sans nicotine. Même chose chez Vapeshop sur la rue Wellington, à Verdun. Les propriétaires sont convaincus d’être dans la légalité.

Far West

«Tout est légal. C’est illégal si on dit que c’est une façon d’arrêter de fumer, mais on dit que c’est une solution au tabac», déclare le propriétaire de Vaporus, Song Han. «La loi dit qu’à moins de 4 mg par dose, une pof, c’est légal, renchérit David Séguin de la Vapeshop. On est incorporé, on paie des taxes, tout est en ordre.»

«Ils sont dans l’erreur. S’il y a une plainte, Santé Canada pourrait faire fermer leur boutique, indique François Damphousse de l’Association pour les droits des non-fumeurs. Tout ce qui peut être fumé peut tomber sous le coup de la Loi sur le tabac

Pour lui, Santé Canada ne fait rien actuellement pour appliquer ses propres règles. Les consommateurs sont donc laissés à eux-mêmes dans un véritable «Far West», déplore-t-il: «Comme il n’y a pas d’encadrement réglementaire, les fabricants peuvent mettre ce qu’ils veulent là-dedans. Certains font ça dans leur sous-sol, chez papa-maman.»

David Séguin, qui cuisine lui-même ses doses dans son petit laboratoire flambant neuf devant ses clients, confirme: «Il n’y a rien de plus facile à trouver sur internet. Mais 90% c’est de la pure merde.»

Santé publique

Pourtant, il y aurait tout lieu d’encadrer le marché en plein boom de la cigarette électronique, car il ne peut qu’être profitable à la santé publique, a plaidé M. Damphousse cette semaine lors des audiences de la commission parlementaire sur le renouvellement de la Loi sur le tabac.

Plusieurs études scientifiques, dont la plus récente a été publiée par un chercheur de l’École de Santé publique de l’Université Drexel aux États-Unis, démontrent que le potentiel nocif du produit est insignifiant.

La Grande-Bretagne a même annoncé qu’elle encadrera la e-cig comme un produit de santé dès 2016.

«L’impact sur ma santé est grandement diminué. J’ai retrouvé le goût, l’odorat, le souffle. En plus, c’est meilleur que la vraie cigarette. Il n’y a pas l’effet étourdissant du goudron, ni l’odeur», témoigne l’écrivain Tony Tremblay qui a récemment abandonné son paquet quotidien de cigarettes pour la e-cig.

«Quand j’ai dit à mon médecin que j’avais arrêté de fumer pour vaper, il a presque dansé sur la table et il m’a demandé des cartes d’affaires», complète le propriétaire de la Vapeshop.

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