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Maladies mentales

Un sourire sur le visage de la santé mentale

Bernard Saulnier
PHOTO ÉLISE JETTÉ / AGENCE QMI Bernard Saulnier

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Bernard Saulnier souhaite éliminer tous les préjugés qui persistent envers la maladie mentale. Atteint de schizophrénie paranoïde, il est le seul Québécois à avoir été sélectionné pour la campagne des cinq Visages de la maladie mentale de l’Alliance canadienne pour la maladie mentale et la santé mentale (ACMMSM).

«Je ne voulais plus me lever de mon lit, a confié Bernard Saulnier. Je ne voulais plus sortir de la maison. J’ai été deux semaines sans manger. Ça s’est dégradé pendant longtemps. Par la suite, la peur s’est emparée de moi et je ne savais pas quoi faire.» Souffrant de maladie mentale depuis l’âge de 24 ans, M. Saulnier porte un message clair : il y a un moyen de vivre décemment, même avec une maladie mentale.

Le message de sensibilisation de l’ACMMSM sera soutenu par les cinq porte-parole jusqu’à la semaine de sensibilisation aux maladies mentales (SSMM) du 6 au 12 octobre.

Les statistiques révèlent qu’un Canadien sur cinq éprouvera un problème de santé mentale au cours de sa vie, soit 6 millions de personnes. La campagne de sensibilisation vise à sortir les gens de l’ignorance face à la maladie mentale.

«L’ignorance ce n’est pas une bonne façon d’aborder les autres, a déclaré M. Saulnier. Il n’y a rien de pire que quelqu’un qui ne veut pas comprendre.» Amener les gens à mieux comprendre, c’est ce que Bernard Saulnier fait chaque jour, soit par les textes publiés sur son blogue, les billets Humeur culturelle qu’il écrit pour le site de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal ou ses chroniques dans l’émission Folie douce à Radio Centre-Ville.

Accepter et demander de l’aide

Pour le porte-parole, la première étape est d’accepter l’inacceptable. «J’ai déjà rencontré des gens qui m’ont dit : j’aimerais mieux me faire couper une jambe plutôt que d’avoir une maladie mentale. Moi je ne suis pas de cette école-là. Je suis bien content d’avoir mes deux jambes et je préfère prendre toute l’aide qui est disponible pour développer mes habiletés. La force c’est de demander de l’aide, a-t-il insisté. Quand tu en demandes, tu en reçois.»

M. Saulnier habite en appartement supervisé. «J’aimerais qu’il y en ait plus, a-t-il renchéri. Les besoins sont là. C’est important d’avoir une personne qui va se rendre compte qu’on ne va pas bien lorsqu’on n’est plus en mesure de se voir aller.»

Consulter un psychologue ou un psychiatre est un élément positif, a-t-il assuré. «Il y a beaucoup de gens qui ont des préjugés envers le fait de consulter ou envers la médication. Nos médicaments, ce n’est pas une drogue», a-t-il dit.

Les Visages de la santé mentale se rendront à Ottawa pour parler aux élus et tenter de faire comprendre l’importance des ressources en santé mentale. Le 10 octobre, l’Institut en santé mentale de Montréal organise une «bibliothèque humaine» durant laquelle les gens parleront de leur maladie mentale tels des livres ouverts.

Pour consulter le blogue de Bernard Saulnier : www.legoulag.blogspot.com

 

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