/news/currentevents
Navigation
Exclusif | À Pointe-Claire

«Un danger immédiat à la vie»

Coup d'oeil sur cet article

Le ministère de l’Environnement vient de découvrir un site illégal d’entreposage de BPC qui constitue une véritable bombe à retardement sur l’île de Montréal, a appris notre Bureau d’enquête.

Le ministère de l’Environnement vient de découvrir un site illégal d’entreposage de BPC qui constitue une véritable bombe à retardement sur l’île de Montréal, a appris notre Bureau d’enquête.

Un quart de siècle après l’incendie des BPC de Saint-Basile-le-Grand, ce sont des dizaines de milliers de litres d’huile lourdement contaminée aux BPC et de dangereux solvants qui ont été retrouvés pêle-mêle sur un terrain industriel de Pointe-Claire, dans l’ouest de l’île.

L’arsenal chimique appartient à la firme Les équipements de puissance Reliance ltée. Il reposait sans surveillance au 86 boulevard Hymus, juste à côté d’un quartier résidentiel où l’on retrouve plusieurs écoles et garderies.

En cas d’incendie ou de déversement, ces substances pourraient «poser un danger immédiat à la vie et à la santé humaine à quiconque n’est pas équipé de protection respiratoire adéquate», peut-on lire dans un rapport préparé par le ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs (MDDEFP) obtenu par notre Bureau d’enquête.

Ultimatum

Plus renversant encore, les matières y étaient entreposées depuis 15 ans, mais il semble que le gouvernement provincial, les villes de Montréal et Pointe-Claire, ainsi que la Santé publique, ignoraient tout.

Les découvertes ont été faites à partir du mois de mars. Pourtant, le public n’en a pas encore été informé.

En catimini, à quelques jours de la rentrée scolaire, Québec lance donc un ultimatum à Reliance et lui donne jusqu’au 3 septembre pour mettre en place un plan d’action sévère. Au cours des prochaines semaines, il faudra éliminer d’impressionnantes quantités de matières dangereuses, et sécuriser définitivement le site, qui servait à la transformation et à la revente de transformateurs électriques.

Déversement toxique

C’est le déversement d’un millier de litres d’huile chargée de BPC qui a alerté le ministère, il y a cinq mois.

Déjà, le mal est fait. Le déversement aurait contaminé des sols et des eaux de surface de la région de Pointe-Claire, dans une mesure dont les autorités commencent à peine à saisir l’ampleur.

Un incendie aurait des conséquences bien pires, projetant dans l’air des fumées «cancérigènes», selon une toxicologue de la Direction de la santé publique (DSP) citée dans le rapport.

L’ordonnance envoyée à Reliance se lit comme un véritable roman qui témoigne de l’incrédulité des experts gouvernementaux devant les découvertes qu’ils faisaient au fil des semaines.

La firme Reliance aurait ainsi contrevenu à près d’une dizaine d’articles de la Loi sur la qualité de l’environnement et du Règlement sur les matières dangereuses.

On y apprend aussi que l’entreprise n’aurait pas répondu adéquatement aux missives que lui envoyait Québec, et qu’elle semble encore incapable, à ce jour, de mettre sur pied un plan d’action adéquat aux yeux du Ministère.

Nos tentatives pour parler à Birdie Marshall, identifiée comme étant la présidente et propriétaire de Reliance, sont restées vaines. Mme Marshall n’a pas retourné nos appels. Sur place, on nous a indiqué qu’elle «serait de retour mercredi».

L’entreprise a aussi embauché un consultant pour veiller aux activités sur le site, mais il nous a fait savoir qu’il «ne veut pas faire de commentaires ou d’autres choses du genre».

– Avec la collaboration de Michel Morin et Simon Mailhiot

Commentaires
Loading