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Autobus | Intimidation

Chauffeurs souvent victimes

Ils sont au premier rang des professions ayant des problèmes reliés au stress, indique la CSST

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Crachats, insultes et même les coups sont souvent le lot des chauffeurs d’autobus, au point où ils détiennent la palme des métiers avec le plus de problèmes liés au stress, selon la CSST.

Crachats, insultes et même les coups sont souvent le lot des chauffeurs d’autobus, au point où ils détiennent la palme des métiers avec le plus de problèmes liés au stress, selon la CSST.

Marc (nom fictif), chauffeur d’autobus du Réseau de transport de Longueuil (RTL), venait de déposer des passagers et de reprendre la route lorsqu’il a entendu une voiture derrière lui freiner brusquement.

Fâché de n’avoir pu dépasser l’autobus, l’automobiliste a zigzagué et fait crisser ses pneus, jusqu’à ce qu’il arrive à sa hauteur. Craignant qu’il ne le percute, le chauffeur s’est penché par sa fenêtre. Il a alors reçu des objets en pleine figure. L’enflure était telle que son médecin pensait au départ qu’il souffrait d’une fracture.

Plusieurs autres chauffeurs d’autobus de la grande région métropolitaine ont vécu de l’intimidation physique ou verbale. De fait, 10,5% des demandes à la CSST liées au stress proviennent de ces professionnels, devant les infirmiers (9,1%) et mêmes les policiers (6,1%).

«Ce sont souvent des gens qui ne veulent pas payer, explique Richard Ouimet, président du Syndicat de la Société de transport de Laval. Quand on a un problème, on appelle un superviseur et il lui demande de payer [...], mais il arrive qu’il reconduise le fauteur de troubles chez lui. Imaginez ce qui arrive le lendemain: il recommence!»

Mesures déjà en place

Le nombre d’agressions diminue à la Société de transport de Montréal (STM), une baisse notamment attribuable à la formation des chauffeurs, des campagnes auprès de la clientèle et des moyens dissuasifs, comme les caméras graduellement implantées, selon la STM.

«Certains incidents ne sont pas comptabilisés», soutient toutefois Stéphane Lachance, porte-parole du syndicat des chauffeurs d’autobus de la STM, qui croit que la situation ne s’améliore pas.

Des chauffeurs ne rapportent pas les incidents et ceux libérés pour le reste de leur quart de travail après un incident ne sont pas comptés, explique M. Lachance.

Le RTL est quant à lui en appel d’offres pour doter ses véhicules d’un système conjuguant GPS et communication au 9-1-1 et entre chauffeurs. Il haussera également le nombre de superviseurs sur le réseau (actuellement au nombre d’un pour 5 à 6 autobus en semaine).

De son côté, la STL possède le système mariant GPS et bouton d’urgence. Plusieurs autobus sont aussi dotés de caméras.

Pas dans le métro

Les opérateurs de métro et de train de banlieue, complètement isolés, ne vivent pas ces problèmes. Les changeurs du métro reçoivent cependant eux aussi insultes, crachats et coups, mais sont protégés par une vitre.

«Au début du mois, ce sont de grosses journées, avec le changement des cartes mensuelles, explique Stéphane Lachance. Il y a des files d’attente et les gens sont impatients.»

quelques cas
racontés au journal
Un chauffeur du RTL dit connaître au moins trois personnes qui se sont fait tirer dessus avec une carabine à plomb.
Il y a plus de trois ans, un chauffeur du RTL aurait été menacé avec fusil sur la tempe par un utilisateur qui voulait aller à un endroit précis et a détourné le circuit.
Les coups de sac à main de clientes mécontentes seraient fréquents lorsque le chauffeur exige le paiement ou qu’il ne s’immobilise pas même si la cliente n’a pas tiré la sonnette d’arrêt.
Un chauffeur de la STL a quitté la profession après s’être fait battre plusieurs fois par des personnes différentes qui ne voulaient pas payer.
Après qu’un chauffeur de la STL se soit fait lancer un verre de boisson gazeuse, les autres passagers lui ont demandé de reprendre la route même s’il était couvert de liquide collant.
En 2007, une chauffeuse de la STM s’est fait casser une bouteille de bière sur la tête à Rivière-des-Prairies.
Un chauffeur de la STM a subi un traumatisme crânien en avril 2013 après avoir été tabassé par trois individus. Il en garde encore des séquelles et son retour au travail n’est pas certain.
Sources: chauffeurs du rtl, de la stm et la stl
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