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Métropolis | anniversaire

"C'est à cause de moi". Pauline Marois se sent responsable du drame au Métropolis

Pauline Marois se sent responsable pour le drame du Métropolis il y a un an

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La première ministre Pauline Marois se sent responsable du drame qui a fait un mort et un blessé, il y a un an, au moment où son discours de la victoire a été assombri par un tireur-fou qui voulait vraisemblablement s'en prendre à elle.

La première ministre Pauline Marois se sent responsable du drame qui a fait un mort et un blessé, il y a un an, au moment où son discours de la victoire a été assombri par un tireur-fou qui voulait vraisemblablement s'en prendre à elle.

La première ministre a accordé une entrevue au Journal hier, afin de faire le point sur la fusillade, un an après.

«S’il était entré (dans la salle), et qu’il avait tiré à bout portant sur les gens qui étaient là, ça aurait été un carnage», a lancé Pauline Marois.

Et c’est ce qui la chavire le plus lorsqu’elle repense au tragique revirement de situation qui a gâché sa soirée de victoire le soir des élections, il y a un an.

«Un vrai drame»

«Ça aurait été un vrai drame. Je m’en serais voulu toute ma vie. C’était ma famille, mes députés, leur famille et tous les militants qui étaient heureux d’être là», dit-elle.

«C’est peut-être ça qui me traumatise le plus. C’est la vie de personnes complètement innocentes. Ils auraient payé pour moi. Ça, ça vient me chercher», ajoute la femme, rencontrée à son bureau de Montréal.

Un an jour pour jour après la tragique soirée, Mme Marois reste «profondément choquée et heurtée» par le sort qui a été réservé aux deux techniciens qui ont reçu la balle du tireur, à l’arrière du Métropolis.

Culpabilité

Denis Blanchette et Dave Courage ont été atteints par le même projectile. Le premier en est décédé et le deuxième garde encore aujourd’hui de graves séquelles.

«Je me sens responsable. C’est à cause de moi que ça leur est arrivé. C’est essentiellement moi qu’on visait», laisse-t-elle tomber, ajoutant qu’elle sent d’ailleurs un «lien particulier» avec ces victimes.

Selon la première ministre, cette balle lui était destinée: elle était la cible de cette attaque, elle en est certaine. Elle ne mâche d’ailleurs pas ses mots et dit sans hésitation qu’il s’agit d’un attentat politique.

«Je souhaitais tellement que ça n’en soit pas un, explique-t-elle. C’est comme si je niais que c’était à moi qu’on en voulait.»

Au moment du drame, Pauline Marois prononçait son discours de victoire devant des partisans et une partie de son exécutif, rassemblés au Métropolis. Le tireur se trouvait à l’extérieur, tout près de la porte qui mène aux coulisses. Après avoir fait feu sur les deux techniciens, l’arme du tireur se serait enrayée. Il n’a pas eu le temps de se rendre à l’intérieur.

«Dans le fond, ils m’ont sauvé la vie en faisant une barrière, sans le savoir. Mais c’est ce qui est arrivé quand même», raconte-t-elle.

Pas de crainte

Même si on a tenté de s’en prendre à elle, Pauline Marois avoue ne pas craindre pour sa sécurité. Elle souhaite surtout ne pas y penser sans cesse.

«Je ne veux pas que ça m’atteigne. Je veux rester libre, être capable d’entrer en contact avec les gens, sans qu’il y ait de contrainte autour de moi, sans que je pense: "Y a-t-il quelqu’un de caché derrière, en train d’essayer de m’atteindre?"», expose-t-elle.

D’ailleurs, la première ministre avoue ne jamais avoir eu peur qu’on veuille une fois de plus s’en prendre à elle. Pas même les jours ou les semaines suivant le drame.

«C’était un attentat. Il (le tireur) semblait choqué du fait que j’étais une souverainiste élue ce soir-là. On ne vit pas dans une société violente, insiste-t-elle. C’est pour ça que je ne suis pas craintive par rapport à la suite des choses à mon égard.»

Malgré tout, lors des prochaines élections, sa sécurité sera davantage accrue, assure-t-elle.

Ce que Pauline
Marois a dit:
«
J’aurais pu avoir peur. Mais je n’ai jamais eu peur. C’est un sentiment qui m’enlèverait de la spontanéité.»
«
C’est venu assombrir la victoire (le drame). D’ailleurs, on n’a pas fêté ce soir-là. On a tout annulé. On est parti chacun de notre côté. Il n’y avait pas de quoi fêter.»
«
Dans le cas de M. Courage, [...] on va poser un geste supplémentaire, parce que sa vie est plus difficile.»
«
Ç’a laissé planer un nuage assez sombre au-dessus de l’événement (la victoire du PQ). Ç’a pris quelques jours avant que l’on puisse en jouir.»
«
Jeudi, on a un événement festif au parc Jean-Drapeau. On va fêter ensemble la victoire du 4 septembre. Parce que ç’a été une victoire. Difficile. À l’arraché. Mais c’en a été une.»
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