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Les terres rares Kipawa

Les terres rares Kipawa au Témiscamingue : un gisement très rentable

David Prince / Agence QMI

Publié le: | Mise à jour:

Kipawa

Photo Courtoisie / Société de développement du Témiscamingue

Lac Kipawa

KIPAWA – Le gisement de terres rares Kipawa, situé au Témiscamingue, générerait des revenus de 2,55 milliards $ pendant les 15 ans que durerait une éventuelle mine à ciel ouvert. L'exploitation du gisement serait très rentable d'un point de vue économique.

Voilà ce qui se dégage de l'étude de faisabilité publiée mercredi matin par Matamec Exploration, qui souhaite exploiter le gisement Kipawa. La valeur actualisée nette est de 260 millions $. Une valeur actualisée nette positive démontre que l'investissement en vaut la peine pour les investisseurs.

Si Matamec décide d'aller de l'avant avec son projet de mine, elle devra investir 374 millions $ pour construire la mine et acheter les équipements nécessaires au traitement de son minerai. Une fois que la mine sera en opération, des dépenses supplémentaires de 78,5 millions $ par année seront nécessaires. L'entreprise récupérerait son investissement de départ en moins de quatre ans. La durée de vie de la mine est estimée à 15,2 ans.

Le constructeur automobile Toyota est partenaire dans le projet. La production de terres rares de la mine serait vendue au constructeur japonais afin de fabriquer des voitures hybrides. Une autre partie serait vendue afin de produire de l'énergie renouvelable comme des éoliennes ou des panneaux solaires.

Les dirigeants de Matamec étaient évidemment très heureux des résultats de l'étude de faisabilité, préparée entre autres par Génivar.

«Matamec a franchi une des étapes les plus importantes de ses 16 ans d'histoire en démontrant que le projet minier de Kipawa est techniquement et économiquement viable», a déclaré André Gauthier, président et chef de la direction de Matamec.

«La Société a développé un plan d'affaires solide qui comprend un CAPEX modéré et un volume de production gérable tout en assurant que les normes environnementales requises seront respectées, a ajouté M. Gauthier. Avec les résultats de l'étude de faisabilité en main, nous allons continuer de présenter aux citoyens du Témiscamingue les avantages économiques que ce projet pourrait créer pour leur région. Matamec est déterminée à bâtir une organisation misant sur les applications des énergies propres qui nécessitent des terres rares lourdes pour leur développement.»

Défi : convaincre le milieu

La société minière n'est cependant pas au bout de ses peines puisqu'elle devra convaincre le milieu témiscamien de la nécessité de son projet. L'opposition à celui-ci est bien réelle, particulièrement dans les communautés autochtones voisines de la future mine.

D'ailleurs, trois manifestations étaient prévues mercredi soir en opposition au projet. Il y aura des manifestants à Kipawa, à Laniel et à Témiscaming.

«Si nous on ne fait rien, on ne sait pas ce qui peut arriver, a indiqué Ginette Vaillancourt, porte-parole de l'organisme Safe Kipawa Lake. Si jamais il arrivait un accident avec l’extraction des terres rares, c’est le lac Kipawa et toute la rivière des Outaouais qui pourraient être contaminés.»


 

Pas de passe-droit, un examen du BAPE est nécessaire, selon Québec meilleure mine

QUÉBEC – À la suite de la publication de l’étude de faisabilité économique du projet Kipawa, la coalition Pour que le Québec ait meilleure mine demande au gouvernement de respecter ses engagements et d’obliger toute nouvelle mine à une évaluation environnementale et à un examen du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE).

«On fait des BAPE pour des éoliennes et pour des aires protégées, et on n’en ferait pas pour ce qui pourrait devenir la première mine de terres rares au Canada? Ça n’aurait aucun sens», a indiqué Ugo Lapointe, porte-parole de la coalition, dans un communiqué émis mercredi.

Au Canada, une étude demandée par Environnement Canada confirme que les normes fédérales du Règlement sur les effluents de mines de métaux (REMM) ne sont ni adéquates, ni adaptées aux contaminants qui pourraient être émis par les mines de terres rares, selon M. Lapointe.

«Le projet Kipawa de Matamec rejetterait des millions de tonnes de résidus miniers, incluant quelques milliers de tonnes d’oxyde d’uranium et d’oxyde de thorium, lesquels demeurent radioactifs pendant des milliers d’années, peut-on lire dans le communiqué. Ces risques, combinés à ceux pour le grand bassin versant de la magnifique rivière Kipawa, justifient pleinement un examen rigoureux et des consultations publiques du BAPE.»

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