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La fierté d’être Québécoise

LG
Photo d'Archives La Grande Rivière se jette dans la Baie-James.

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Et si l’on prenait congé de la charte de tous les déchirements. Pour se reposer l’esprit, mais aussi pour se réchauffer le cœur. Le week-end dernier, pour la première fois de ma vie, je suis montée à la Baie-James afin de visiter les grands barrages qui sont nos propres cathédrales. Or, j’ignorais que par cette découverte, j’aurais aussi rendez-vous avec la fierté d’être Québécoise. J’y ai croisé des hommes et des femmes qui sont fiers en permanence de vivre dans ce décor d’immensité et de solitude, où la nature extrême impose sa loi.

Et si l’on prenait congé de la charte de tous les déchirements. Pour se reposer l’esprit, mais aussi pour se réchauffer le cœur. Le week-end dernier, pour la première fois de ma vie, je suis montée à la Baie-James afin de visiter les grands barrages qui sont nos propres cathédrales. Or, j’ignorais que par cette découverte, j’aurais aussi rendez-vous avec la fierté d’être Québécoise. J’y ai croisé des hommes et des femmes qui sont fiers en permanence de vivre dans ce décor d’immensité et de solitude, où la nature extrême impose sa loi.

Enseigne-t-on aux jeunes que cet immense chantier fut construit par nous, par nos ingénieurs, nos techniciens, nos ouvriers? Un chantier amorcé en 1971 à l’initiative du premier ministre de l’époque, Robert Bourassa, le rêveur visionnaire qui avait compris que la géographie du Québec nous offrait la plus spectaculaire richesse naturelle, nos rivières dont certaines, comme la Grande, sont parmi les plus immenses de la planète.

Mettre les pieds à la Baie-James est contagieux. À Radisson, situé sur le 53e parallèle, le village des Blancs le plus au nord du Québec, impossible d’échapper au charme de ses 300 habitants. Ils sont un mélange d’ermites, de joyeux lurons, de gens de bois et d’inépuisables travailleurs. Et leur fierté est si communicative, si sincère et si enthousiaste, qu’il est impossible d’y résister.

PLUS GRAND QUE NATURE

La déprime québécoise, les conflits et les bagarres qui nous épuisent appartiennent au Sud. La dureté des conditions de vie, l’absence prolongée de lumière naturelle durant des mois et la conscience du danger de vivre entouré d’animaux sauvages caractérisent le Nord. Mais il y a aussi ce sentiment d’habiter un territoire où des géants ont aménagé des rivières, creusé le Bouclier canadien en découpant le roc pour construire des galeries souterraines, longues d’un kilomètre, hautes comme des gratte-ciel et où est enfouie la technologie de pointe qui transforme l’eau en électricité.

Il faudrait mettre en œuvre des ponts aériens entre le Sud et ce Nord qui nous fournit la lumière, la chaleur et la climatisation, afin que non pas 4000 mais bien des centaines de milliers de Québécois découvrent chaque année cette réussite collective reconnue et admirée à travers le monde. Ce savoir-faire, nous l’avons exporté. Durant des décennies entre 1971 et 1990, nous avons été des pionniers dans le domaine. Les écolos amateurs et autres rêveurs de la déification de la nature auraient intérêt à monter au Nord. Pour comprendre que, bien sûr, les cours des rivières ont été détournés, bien évidemment il a fallu dynamiter la terre, contrôler à vrai dire la nature, mais à ce jour, l’hydroélectricité demeure une énergie propre, toute chose étant relative par ailleurs.

ÉLECTROCHOC

L’autoflagellation en a amené plusieurs au cours des années à traiter Hydro-Québec dans des termes qu’on utilise aujourd’hui pour accabler la MMA. Les nuances disparaissent au Québec sous le coup de l’émotion. Hydro-Québec, qui a été si chère à René Lévesque, est une richesse collective et contient toujours en son sein des visionnaires, des ingénieurs et des techniciens qui incarnent l’idéal d’excellence sans lequel nous sommes condamnés à être à la remorque du développement et de la créativité des autres. En ce sens, découvrir nos barrages mythiques est un électrochoc salutaire.

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