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Agressions sexuelles

Des victimes de viols révèlent les mots de leurs agresseurs en publiant des photos sur les réseaux sociaux

Des victimes brisent le silence
Photo courtoisie Tanya St-Jean a lancé ce concept pour permettre aux victimes francophones de dévoiler les mots de leur agresseur.

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Des victimes de viols révèlent les mots de leurs agresseurs en publiant des photos sur les réseaux sociaux.

La montréalaise Tanya St-Jean s’est inspirée d’un projet réalisé à New York, par la photographe Grace Brown.

«Je suis Indestructible» invite les victimes d’agression sexuelle à se prendre en photo en affichant une phrase prononcée par leur agresseur.

«Je vais te donner des sous», affiche l’une d’entre elles, cachée derrière sa feuille.

«Moi aussi je veux une pièce du gâteau», indique une autre victime.

Donner la parole

Lancé hier par Mme St-Jean, le concept francophone de «Unbreakable» veut «donner la parole à ceux qui l’ont perdue durant plusieurs années».

«Les personnes peuvent écrire ce qu’elles auraient aimé pouvoir dire au moment de l’agression ou ce qu’elles ont à leur dire aujourd’hui (les agresseurs)», explique l’étudiante en gérontologie sociale à l’UQÀM.

Elle estime qu’il s’agit là d’une sorte de thérapie. Les gens peuvent s’exprimer en utilisant différentes formes artistiques: le slam, le poème ou des capsules vidéos.

«Je veux que les victimes puissent s’approprier l’idée en soi», assure-t-elle.

Tanya St-Jean avoue elle-même avoir été agressée sexuellement durant de nombreuses années.

«Ça a commencé à 4 ans et ça a continué durant plusieurs années consécutives au primaire», confie-t-elle, avec émotion.

«Et ce n’est pas toujours arrivé avec le même (agresseur)», poursuit-elle.

L’instigatrice a tenu à être parmi les premières à publier ces lignes.

Elle désire encourager les gens à ne pas avoir peur de le faire. «Lorsqu’on est agressé sexuellement, on se prive de faire et de dire bien des choses», relate la jeune femme qui admet avoir longuement réfléchi avant de mettre au monde «Je suis Indestructible».

Vague de remerciements

Une dizaine de personnes ont déjà manifesté leurs émotions sur le site web.

Mme St-Jean a d’ailleurs reçu plusieurs remerciements depuis hier pour souligner son initiative.

«C’est la première fois que j’écris cette phrase et la première fois que je la partage. Ça fait vraiment du bien», a fait savoir Valérie, une des participantes.

Le site web (http://jesuisindestructible.tumblr.com/) affichera sous peu des ressources à contacter en cas d’agression.

La femme de 29 ans estime que les victimes sont bien souvent laissées à elles-mêmes.

«C’est parfois un choix personnel, mais c’est souvent dû au fait que c’est encore très tabou», conclut-elle.

«Nous sommes portés à nous isoler pour ne pas être jugés, mais il faut en parler», insiste la femme à l’origine du mouvement au Québec.

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