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Le voile dans les garderies

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Une victime collatérale de la guerre que se livrent le PQ et la CAQ au sujet d’André Boisclair pourrait être ce projet de charte des valeurs qui nécessite, pour devenir loi, la collaboration entre les deux partis.

Une victime collatérale de la guerre que se livrent le PQ et la CAQ au sujet d’André Boisclair pourrait être ce projet de charte des valeurs qui nécessite, pour devenir loi, la collaboration entre les deux partis.

Ce ne serait pas la première fois que la montagne québécoise accoucherait d’une souris. Le débat résultant de l’initiative péquiste pourrait même avoir comme conséquence d’encourager les citoyens à porter des signes religieux ostentatoires durant leurs heures de travail pour l’État québécois...

Les symboles d’autorité

Y compris les policiers, les juges et les enseignants! Or si la prohibition des signes religieux chez les fonctionnaires semble excessive à plusieurs parce que sans rapport avec le travail, ce rapport est évident en ce qui a trait aux symboles d’autorité.

J’ai assez enseigné pour savoir que la plupart des étudiants, quel que soit leur âge ou leur statut, deviennent spontanément obéissants et ouverts à ce que dit le professeur quand ils se retrouvent dans une salle de classe.

C’est évidemment encore plus vrai quand ce sont des enfants en bas âge. Cela nous amène à un sujet délicat, dont plusieurs parlent tout bas sans que grand monde n’ose l’aborder tout haut. Il s’agit de ces employées qui portent de plus en plus souvent le voile dans le réseau public de garderies.

Par définition, on a affaire ici à des enfants influençables, des enfants dont les parents n’ont jamais consenti à ce que leur progéniture soit exposée plusieurs heures par jour à un signe identitaire et religieux aussi évident que le voile d’une gardienne.

Au mieux extrêmement pieuses...

Moins solides que leurs arrière-grands-mères, une partie de nos féministes sont devenues expertes dans l’art de défendre les femmes en les victimisant. Selon elles, il ne faudrait pas priver d’emploi ces «pauvres femmes voilées», qui n’auraient pas d’autres endroits à travailler, semble-t-il, que ces garderies où elles sont si dévouées, si compétentes...

Pas un mot sur le droit pas mal plus fondamental des parents à l’égard des valeurs transmises à leurs tout jeunes enfants dans un réseau de garderies financé à même les fonds publics. Pas un mot sur le fait que la majorité des Québécoises musulmanes ne portent pas le voile et que celles qui préfèrent être au chômage plutôt que de l’enlever sont au mieux extrêmement pieuses, au pire des intégristes ou sous le contrôle de maris qui le sont.

Dans tous les cas, elles ne sont pas qualifiées pour jouer le rôle de symboles d’autorité dans un réseau public de garderies pour enfants.

Avant que la charte des valeurs ne devienne de l’histoire ancienne, le PQ et la CAQ devraient consentir à une trêve pour faire adopter, alors que l’élection approche, une loi rappelant le bon sens québécois: l’interdiction des signes religieux chez les symboles d’autorités comme les juges, les policiers et les enseignants, y compris les travailleurs en garderie.

 

Une partie de nos féministes sont devenues expertes dans l’art de défendre les femmes en les victimisant
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