Les certificats de virginité bannis des bureaux des médecins du Québec

Sarah Bélisle

Sarah Bélisle @

Journal de Montréal, Publié le: | Mise à jour:

Les certificats de virginité bannis des bureaux des médecins du Québec

photo d’archives

Charles Bernard, PDG du Collège des médecins

Les médecins québécois s’exposent à des réprimandes s’ils émettent des certificats de virginité, a averti hier le Collège des médecins.

Que les médecins se le tiennent pour dit: «faire un certificat de virginité, ce n’est pas un acte médical. Ça n’a rien à voir avec la médecine», tranche le président du Collège des médecins (CMQ), le Dr Charles Bernard.

Il a émis un avis à ses 21 000 membres hier.

Les médecins québécois ­doivent s’abstenir de délivrer ce genre de documents.

Les certificats de virginité attestent que l’hymen d’une femme – une membrane qui bloque en ­partie l’entrée du vagin – est ­intact.

«Ce n’est pas utile au Québec», croit le Dr Bernard.

L’ordre a cru bon de prendre position afin d’aiguiller ses ­membres, même s’il juge le ­phénomène marginal.

C’est qu’un médecin à qui on fait la demande d’un certificat de virginité se retrouve devant tout un dilemme, estime le président. Ces patientes s’exposent parfois à des conséquences si elles n’obtiennent pas ledit certificat.

Et c’est pourquoi leur refuser le certificat ne suffit pas. Les médecins sont enjoints à évaluer les pressions qui pèsent sur elles. Selon les cas, le CMQ suggère qu’elles soient référées à des travailleurs sociaux, des psychologues ou encore la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ).

Réprimandes possibles

«Ce n’est pas [un geste] opportun de faire un certificat de virginité. Si le syndic se met le nez là-dedans...», lance Dr Bernard.

Ses membres s’exposent à des «réprimandes» s’ils en émettent. Il doute toutefois qu’un médecin s’y risquerait.

Le conseil du statut de la femme applaudit la prise de ­position du CMQ.

«Si les médecins acceptaient de faire ces certificats, ce serait un cercle vicieux», croit sa présidente, Julie Miville-Dechêne. Selon elle, il était important que le Collège donne des directives claires avant que de telles pratiques deviennent la norme.

«On ne peut vraiment pas dire que ça contribue à l’égalité homme-femme!» lance-t-elle.

L’Association musulmane québécoise se réjouit de la décision.

«Beaucoup de féministes musulmanes qui travaillent dans la communauté pour informer que ça ne fait pas partie de la religion, ce bout de papier qui atteste de la virginité», explique la porte-parole Geneviève Lepage.

Exiger un tel certificat, «ça devient discriminatoire envers les femmes». Elle ajoute que si le prétendant de sa fille osait en exiger un, jamais elle n’accepterait qu’il épouse son enfant.

 

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