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Ouvert, libre et transparent

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Au cours de prochaines semaines, vous aurez, comme citoyen, à décider qui seront vos représentants pour administrer votre ville. À ces nouveaux maires et conseillers, vous demanderez de relever les défis courants de l’administration d’une municipalité. Et, surtout, de vous rendre des comptes. Permettez qu’on vous cause «données ouvertes»?

Au cours de prochaines semaines, vous aurez, comme citoyen, à décider qui seront vos représentants pour administrer votre ville. À ces nouveaux maires et conseillers, vous demanderez de relever les défis courants de l’administration d’une municipalité. Et, surtout, de vous rendre des comptes. Permettez qu’on vous cause «données ouvertes»?

La commission Charbonneau et les enquêtes de l’UPAC nous ont démontré que, derrière les paroles rassurantes de certains de nos élus, il y avait quelque chose de pourri au royaume de Montréal, Laval, Mascouche, etc.

Alors, on fait quoi si, sur l’honneur, on ne peut obtenir de véritable transparence de nos élus? Dans une de mes séries télé fétiches, The West Wing, le président Bartlett, un économiste nobélisé, ne cessait de répéter à qui voulait l’entendre: «...les chiffres, montrez-moi les chiffres.»

Les chiffres. Mais, surtout, les données. Les gouvernements sont des machines à générer des données. Trop diront certains, mais reste que ces données sont souvent gardées loin des yeux inquisiteurs des journalistes, des citoyens, des membres de l’opposition, et même des membres du parti au pouvoir. Et pour les obtenir, c’est la croix et la bannière. Sans parler des ­fichiers livrés dans des formats impossibles à exploiter électroniquement.

UN ENJEU

Le lecteur un tantinet perspicace aura deviné ici que nous entendons vous entretenir de l’enjeu des «données ouvertes». Dans plusieurs villes de par le monde, les administrations en place ont décidé de jouer le jeu de la transparence en créant de toutes pièces des sites web où des ensembles de données sur les services offerts par la ville, leur efficacité mesurée et quantifiée, les opérations de réparation ou de déneigement présentées en temps réel, les appels d’offres et les paiements faits aux compagnies, etc.

La diffusion de ces données brutes, utilisables par quiconque, permet par la suite de créer des services à valeur ajoutée. Sur le portail des données ouvertes de la Ville de Montréal (pour le trouver, Google est votre meilleur ami), on peut déjà y voir des applications web et mobiles développées par des jeunes créateurs. Mais ce n’est que la pointe de l’iceberg. On pourrait faire beaucoup mieux.

UNE EXCELLENTE IDÉE

C’est pourquoi il faut applaudir l’initiative de quelques geeks citoyens qui ont lancé le site «Je vote pour la transparence» (jvt2013.com).

Depuis juin dernier, ce site entend obtenir des candidats à la mairie de Montréal des réponses et, surtout, des engagements concrets en matière de transparence et de diffusion des données ouvertes. Au final, les promoteurs de cette excellente idée entendent faire connaître le résultat des engagements à tous les citoyens qui se seront inscrits.

La libre circulation de données, c’est une des meilleures façons de dire halte à la corruption et de reconstruire un lien de confiance entre élus et citoyens. Évidemment, vous avez un rôle à jouer dans tout cela: chaque fois qu’un candidat voudra vous serrer la main et vous rappeler pour qui voter le 3 novembre, n’hésitez pas à lui suggérer qu’un non-engagement de sa part se métamorphosera en un oubli de son nom dans l’isoloir. Y’a de ces trucs comme ça, qui peuvent convaincre non?

 

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