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Les « Janette » appuient la charte

Christine Bouthillier

Christine Bouthillier

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Dans une lettre adressée «aux femmes du Québec», 20 femmes d’influence se regroupent derrière l’auteure Janette Bertrand pour appuyer la Charte des valeurs québécoises.

L’égalité des sexes semble maintenant menacée par la liberté de religion, peut-on lire dans la missive publiée aujourd’hui. Pour les signataires, légiférer est nécessaire pour préserver les acquis du féminisme.

«Les hommes ont de tout temps et encore de nos jours utilisé la religion dans le but de dominer les femmes, de les mettre à leur place, c’est-à-dire en dessous d’eux», indique la lettre.

Des femmes aux horizons multiples sont derrière cette prise de position. Beaucoup viennent du milieu artistique, comme Denise Filiatrault, Denise Robert, Édith Cochrane, Julie Snyder et Stéphanie Crête-Blais. Mais parmi les signataires se trouvent aussi des militantes et des femmes issues des sciences sociales, telles que l’écrivaine Djemila Benhabib et la consultante en stratégies Web Michelle Blanc.

Cette nouvelle prise de position risque d’alimenter le débat qui fait rage depuis plus d’un mois à propos de cette charte. Cette dernière cherche à assurer la neutralité de l’État, notamment en interdisant le port de signes religieux ostentatoires aux fonctionnaires, ce qui est loin de faire l’unanimité.

CONFRONTER LES IDÉES

C’est la comédienne et productrice Marie-Anne Alepin qui a eu l’idée de réunir autour d’une même table plusieurs femmes pour échanger sur la charte. Si leurs exigences divergent parfois envers celle-ci, toutes sont d’accord sur la nécessité de légiférer avec une charte de la laïcité.

Pendant cette rencontre, Janette Bertrand a raconté comment elle avait vécu la domination des hommes, puis l’octroi du droit de vote aux femmes. Elle a proposé d’écrire une lettre, signée par toutes les femmes approuvant cette position. Michelle Blanc a suggéré que le mouvement se nomme Les Janette, en l’honneur de Mme Bertrand, figure emblématique du féminisme au Québec s’il en est.

Le nom Janette se veut aussi un clin d’œil aux «Yvettes», ces partisanes du «Non» qui se sont soulevées, lors de la campagne référendaire de 1980, après que la ministre péquiste Lise Payette eut comparé la femme du chef libéral Claude Ryan à une Yvette, une petite fille soumise d’un ancien manuel scolaire plutôt sexiste.


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