/misc
Navigation

Marie-Paul Ross, religieuse et féministe ?

Coup d'oeil sur cet article

«Je veux des femmes debout. Je n’en veux plus des femmes soumises devant les hommes d’Église. Pis il y en a trop encore!»

«Je veux des femmes debout. Je n’en veux plus des femmes soumises devant les hommes d’Église. Pis il y en a trop encore!»

Qui a fait cette déclaration récemment? Janette Bertrand à Tout le monde en parle ou Denise Filiatrault à Paul Arcand?

Aucune des deux. C’est la fameuse sœur Marie-Paul Ross qui a lancé ce cri du cœur à l’émission Plus on est de fou, plus on lit, à la radio de Radio-Canada. Oui sœur Ross est hypercritique de l’Église catholique.

Et dans son autobiographie qui vient de paraître, elle dénonce haut et fort la façon dont les femmes sont traitées par les hommes d’Église. Venant d’une sœur, c’est rafraîchissant!

DES AVENTURES ROCAMBOLESQUES

J’ai dévoré le livre La vie est plus forte que la mort (aux éditions Michel Lafon) parce que le personnage de cette reli­gieuse sexologue me fascine.

Sa vie est un roman. Missionnaire en Bolivie et au Pérou, elle a survécu à des attaques terroristes et reçu, en pleine jungle, une cargaison d’hosties livrée par des avions du cartel de la drogue. On ne s’ennuie pas avec sœur Ross!

Mais c’est son regard lucide sur la sexualité des religieux qui est le plus troublant. Elle raconte à plusieurs reprises avoir été témoin de relations à caractère sexuel entre membres des communautés religieuses, entre un curé et ses paroissiennes ou entre un «directeur de conscience» et une novice qui s’est par la suite fait avorter.

Elle affirme sans détour que seule une minorité de religieux pratiquent véritablement le célibat et la chasteté. «Les apôtres ont les mêmes problèmes que les personnes qu’ils ont pour mission d’accompagner: le sexe et l’alcool.»

Sœur Ross n’a pas la langue dans sa poche. Au Vatican, elle a encouragé le pape Jean-Paul II à s’ouvrir aux homosexuels!

En Bolivie, quand le clergé catholique a décidé de ne plus donner la communion aux couples non mariés, elle s’est révol­tée. «Comment se fait-il que des prêtres couchent avec des femmes et restent prêtres? Ils ne sont pas mariés, quelques-uns ont même des enfants qu’ils baptisent, et ils peuvent quand même célébrer l’eucharistie et communier.»

Elle dénonce les «supposés hommes d’Église» qui commettent des atrocités et déplore que, dans la hiérarchie catholique, on ne prenne pas la parole des femmes au sérieux.

Son anecdote la plus frappante à ce sujet donne froid dans le dos. Un vol a eu lieu dans une église. Une femme qui a tenté d’empêcher les cambrioleurs de partir avec les hosties a été agressée et violée. L’évêque s’est beaucoup inquiété du fait que les hosties avaient été profanées puisqu’elles étaient tombées sur le sol.

Mais il n’a pas dit un mot sur la femme violée.

UNE SŒUR JANETTE ?

Dans sa lettre en appui à la charte, Janette Bertrand rappelait récemment que: «Les hommes ont de tout temps utilisé la religion dans le but de dominer les femmes, de les mettre à leur place, c’est-à-dire en dessous d’eux.»

Je ne sais pas si sœur Ross est une Janette.

En tout cas, son livre ne fait que confirmer quelle est la place des femmes dans l’Église catholique: en dessous des hommes.

Commentaires