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Un jeune sans diplôme coûte 120 000 $

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Photo Fotolia Un jeune sans diplôme coûte en moyenne 120 000 $ à la collectivité au cours de sa vie.

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Un jeune sans diplôme coûte en moyenne 120 000 $ à la collectivité au cours de sa vie. Et il vivra plus de périodes de chômage, plus de pauvreté et plus de troubles de santé et avec la justice.

Globalement, chaque cohorte de décrocheurs impose un fardeau supplémentaire de 2 milliards $ à la société québécoise.

Ces données, de mieux en mieux connues, ont de quoi effrayer près de 40 % des parents québécois qui craignent que leurs jeunes décrochent avant la fin de leurs études secondaires. C’est ce qu’a révélé mardi un sondage Léger, pour le compte de la Fondation Lucie et André Chagnon, à quelques jours d’une troisième conférence nationale sur la persévérance scolaire.

Le taux d’absence de diplôme, même s’il décroît, touche encore près d’un jeune sur deux, surtout les garçons. Ils sont 31 % à avoir du mal à terminer leur secondaire, contre 19 % chez les filles.

«Pourtant, au Québec, le taux de diplomation s’améliore. Il est en hausse de 67,8 % en 2007 à 74,8 % en 2011», a expliqué Jacques Ménard, président du conseil d’administration de BMO Groupe Financier et l’un des chefs du monde des affaires en faveur d’actions pour la persévérance scolaire.

Évaluer les coûts globaux

Le Québec fait piètre figure dans l’ensemble canadien, en terme de persévérance scolaire, se situant au 9e rang des 10 provinces.

Selon une étude menée par le Conseil canadien de l’apprentissage, en 2009, les jeunes Canadiens sans diplôme ont généré des dépenses de plus de 1,3 milliard $ par an en matière de programmes sociaux et de fonctionnement du système de justice pénale.

Le coût de l’aide sociale s’élevait chaque année à 4 000 $ en moyenne pour chaque personne qui ne terminait pas ses études secondaires, soit un total canadien de 969 millions $. Les coûts liés au système de justice pénale grimpaient, pour leur part, à 220 $ en moyenne par décrocheur, soit un total de 350 millions $.

Sur une base annuelle, ces pertes s’élevaient à 10,3 milliards $ en termes de revenus de travail et d’emploi, sans parler des pertes en recettes fiscales de 378 millions $ et des frais en assurance-emploi de 1,1 milliard $.

Des actions concertées

Les répondants au sondage sont nombreux à croire que les parents et les enseignants, tout comme les élèves, jouent les rôles les plus importants dans la lutte à l'abandon scolaire. Et que l’éducation demeure la meilleure des solutions.

«On a encore du chemin à faire pour atteindre la cible de 80 % de diplomation au secondaire d’ici 2020, pour les jeunes de moins de 20 ans. Mais les acteurs du milieu comprennent mieux le phénomène. Chaque école possède ses cibles et les commerçants ont intégré qu’un jeune qui travaille plus de 20 heures par semaine s’exposait au décrochage», a poursuivi M. Ménard.

La 3e grande conférence sur la persévérance scolaire, «Agir tôt, Voir grand», réunira 1 500 personnes au Palais des congrès du 4 au 6 novembre prochain.

 

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