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Cours de hassidim 101

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Je vous ai parlé il y a deux semaines de Shekinah, ce documentaire québécois sur les juifs hassidiques.

Je vous ai parlé il y a deux semaines de Shekinah, ce documentaire québécois sur les juifs hassidiques.

Ce film a été montré hier à des élèves du secondaire. J’ai mis la main sur la «trousse pédagogique» remise aux professeurs par les producteurs du film.

Séparer les filles et les garçons? Tout ce qu’il y a de plus normal. Interdire aux femmes de montrer leurs bras et leurs jambes? Y’a rien là. Ne pas faire carrière et avoir 12 enfants? C’est génial.

Ce guide pour enseignants veut nous faire croire qu’on doit être plus tolérant envers des dogmes religieux qu’on n’accepterait jamais pour nos fils et nos filles.

LA GRANDE NOIRCEUR DE 2013

Le film Shekinah offre un accès intime aux Loubavitch de Montréal et Sainte-Agathe, des communautés où les jeunes filles ont l’obligation de devenir «de bonnes épouses et de bonnes mères», sont obligées de se marier avant 25 ans et ont l’interdiction formelle de montrer leurs clavicules, leurs coudes ou leurs genoux.

J’aurais imaginé que lors d’une projection devant des étudiants du secondaire, on aurait encouragé les élèves à se questionner sur ces préceptes religieux qui nous rappellent la Grande Noirceur. Pantoute.

Le but du guide d’études est clair: «Progresser vers une plus grande tolérance envers les différentes collectivités à travers le monde qui n'ont pas les mêmes croyances et comportements que celles de la culture majoritaire.»

On y trouve des renseignements sur la communauté des Loubavitch, qu’on doit accepter comme telle sous peine d’être traités d’«intolérants»: «La coutume hassidique de la modestie interdit les événements sociaux mixtes, la baignade mixte dans les stations balnéaires, la mixité en éducation et les représentations publiques de théâtre, de danse ou de chant des femmes devant les hommes.»

On va même jusqu’à écrire que «cette ségrégation des sexes entraîne une culture féminine très forte».

Voici la question que l’on suggère de poser aux élèves: «Les femmes sont-elles traitées comme des objets sexuels dans la société actuelle?».

Le guide d’études présente la séparation des tâches des Loubavitch comme si c’était une pratique comme une autre.

«Il est permis aux femmes de travailler à l'extérieur du foyer puisque cela libère le mari érudit pour ses études religieuses ou pour le financement des études des enfants.»

QUELLE COMPLAISANCE !

Mais la phrase qui m’a fait le plus sursauter est la suivante: «Quels sont les principaux défis que nous avons à surmonter dans le monde actuel afin de comprendre les différentes cultures et les motivations des groupes religieux.»

Pourquoi des élèves en 3e et 4e du secondaire devraient-ils comprendre les motivations des groupes religieux?

Que dirait-on si on montrait aux élèves du secondaire un documentaire sur les traditionalistes catholiques qui disent la messe en latin et vivent comme avant Vatican II? Ou un film glorifiant la vie intime des témoins de Jéhovah? Si on leur remettait un guide d’études pour mieux comprendre les motivations des mormons?

Le film Shekinah (qui a reçu du financement de la Sodec, du gouvernement du Canada et de Radio-Canada) est-il un documentaire objectif ou une opération de relations ­publiques pour redorer l’image des hassidiques?

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